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Visite de reprise : cas obligatoires, délais et dispense depuis 2026

Après une absence pour maladie, accident ou maternité, le retour du salarié passe souvent par une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail. Elle n'a rien de systématique : le droit du travail la rend obligatoire dans quatre cas précis, avec un délai court pour l'organiser.

Depuis le décret du 12 juin 2026, une visite de préreprise peut aussi en dispenser. Cette page fait le point sur les obligations de l'employeur, les droits du salarié, le déroulement de l'examen et les recours.

En bref

Visite de reprise : ce qu'il faut retenir.

  • Obligatoire après : un congé de maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail d'au moins 30 jours, une maladie ou un accident non professionnel d'au moins 60 jours.
  • Délai : dès la reprise effective, et au plus tard dans les huit jours qui suivent.
  • Qui agit : l'employeur saisit le service de prévention et de santé au travail dès qu'il connaît la fin de l'arrêt.
  • Nouveauté 2026 : dispense possible après une visite de préreprise récente ne préconisant aucune mesure.
  • Contestation : un délai de quinze jours pour saisir le juge prud'homal.
Faire le point sur votre retour

Visite de reprise : définition

La visite de reprise désigne un examen médical réalisé par le médecin du travail lorsque le salarié revient après certaines absences. Le Code du travail parle d'examen de reprise. Elle s'inscrit dans le suivi individuel de l'état de santé du travailleur.

Ces règles concernent les salariés du secteur privé. Son principe figure à l'article L. 4624-2-3 du Code du travail. Le travailleur en bénéficie après un congé de maternité, ou après une absence pour cause de maladie ou d'accident répondant à des conditions fixées par décret.

À quoi sert l'examen de reprise ?

Selon l'article R. 4624-32, la visite poursuit quatre objectifs :

  • Vérifier la compatibilité du poste de travail, ou du poste de reclassement, avec l'état de santé du salarié ;
  • examiner les propositions d'aménagement, d'adaptation ou de reclassement faites par l'employeur ;
  • préconiser un aménagement, une adaptation du poste ou un reclassement ;
  • émettre, si nécessaire, un avis d'inaptitude.

Elle ne se confond pas avec un contrôle de l'absence. Le médecin du travail apprécie l'aptitude du salarié et le lien entre sa santé et son poste, pas le bien-fondé de l'interruption.

À ne pas confondre avec les autres visites

Le suivi de l'état de santé comprend d'autres rendez-vous, notamment la visite de préreprise et la visite à la demande. Notre article sur la visite médicale du salarié présente ce suivi général, dès l'embauche.

Dans quels cas la visite de reprise s'impose-t-elle ?

La visite de reprise s'impose dans les quatre situations listées par l'article R. 4624-31 du Code du travail. En dehors de ces cas, le texte ne l'exige pas. La règle concerne tout le personnel salarié de l'entreprise.

Les cas de visite de reprise obligatoire
Motif de l'absenceDurée de l'arrêtVisite de reprise
Congé de maternitéQuelle que soit la duréeObligatoire
Maladie professionnelleQuelle que soit la duréeObligatoire
Accident du travailAu moins 30 joursObligatoire
Maladie ou accident non professionnelAu moins 60 joursObligatoire
Absence plus courte pour cause d'accident ou de maladieEn dessous des seuilsNon exigée, sauf visite sollicitée

Maladie ordinaire : un seuil plus élevé

Pour une maladie non professionnelle, le seuil atteint 60 jours d'absence. L'article R. 4624-31 retient ce chiffre dans sa rédaction applicable.

Après une absence d'au moins 30 jours pour cause d'accident du travail, ou après toute absence pour cause de maladie professionnelle, l'examen doit aussi être organisé. Certaines pages anciennes évoquent encore trente jours pour la maladie ordinaire. Ce seuil vise aujourd'hui l'accident du travail et l'ouverture de la préreprise.

Et en dessous des seuils ?

Une absence plus courte n'impose pas de visite de reprise. Le salarié comme l'employeur peut néanmoins solliciter une visite à la demande, prévue par l'article R. 4624-34.

Ce texte précise que la démarche du salarié ne peut motiver aucune sanction. Elle sert lorsque l'état de santé laisse craindre un risque pour reprendre son travail.

Qui organise la visite de reprise, et dans quel délai ?

L'initiative appartient à l'employeur. L'article R. 4624-31 lui impose de saisir le service de prévention et de santé au travail dès qu'il a connaissance de la fin de l'arrêt de travail. Il s'agit de l'une des principales obligations de l'employeur dans l'entreprise.

Le délai de huit jours

Le service organise l'examen le jour de la reprise effective du travail, et au plus tard dans un délai de huit jours qui suivent cette reprise. La fiche officielle du ministère du Travail précise qu'il s'agit de jours calendaires.

En pratique, l'employeur a intérêt à anticiper la gestion du retour. Une saisine faite dès qu'il connaît le jour du retour laisse le temps au service de fixer un rendez-vous.

Ce que le salarié peut faire

Le salarié n'organise pas lui-même la visite de reprise. Il peut toutefois :

  1. prévenir l'employeur de la date de son retour, par écrit ;
  2. réclamer par écrit l'organisation de la visite si rien ne se prépare ;
  3. solliciter une visite à la demande auprès du médecin du travail.

Une demande de visite écrite, datée, montre que le salarié souhaitait reprendre son poste dans de bonnes conditions. Garder une trace de ces démarches facilite la preuve en cas de désaccord ultérieur. Il peut également conserver une copie de ses arrêts et de leurs prolongations.

Décret du 12 juin 2026 : ce qui change

Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 a modifié les articles R. 4624-30 et R. 4624-31. Ces nouvelles dispositions s'appliquent aux arrêts de travail délivrés à compter du 15 juin 2026, selon la note publiée avec le texte et l'actualité de Service-Public du 18 juin 2026.

Une dispense de visite de reprise, sous deux conditions

Le texte supprime l'obligation de visite de reprise lorsque deux conditions cumulatives se réunissent :

  • le salarié a bénéficié d'une visite de préreprise dans les trente jours précédant sa reprise effective ;
  • lors de cette visite, le médecin du travail a constaté qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste, ni d'aménagement du temps de travail, ne s'impose.

La dispense tombe si le médecin du travail, l'employeur ou le salarié sollicite une visite de reprise. Chacun conserve donc la faculté d'exiger l'examen. Remarque : la nouvelle règle reste applicable aux seuls arrêts délivrés après son entrée en vigueur.

Une meilleure information de l'employeur

Le service informe désormais l'employeur de la tenue de la visite de préreprise, même en l'absence de recommandation, sauf opposition du salarié. Cette information lui permet de savoir si la dispense peut jouer. Elle ne porte que sur la tenue de l'examen.

La visite de préreprise : préparer le retour

La visite de préreprise intervient pendant la suspension du contrat de travail, avant le retour. Elle vise le maintien en emploi et la mise en place des aménagements utiles.

Qui peut la solliciter ?

L'article R. 4624-29 l'ouvre aux travailleurs absents depuis plus de trente jours. Selon l'article L. 4624-2-4, on l'organise à l'initiative :

  • du salarié ;
  • de son médecin traitant ;
  • des services médicaux de l'assurance maladie ;
  • du médecin du travail.

L'employeur doit informer le salarié de la possibilité de la solliciter.

Ce que le médecin du travail peut recommander

D'après l'article R. 4624-30, il peut recommander des aménagements du poste, des préconisations de reclassement ou des formations professionnelles facilitant une réorientation.

Il peut s'appuyer sur le service social du travail. Il transmet ses recommandations à l'employeur et au médecin-conseil, dans les conditions prévues par le texte.

Le rendez-vous de liaison

Distinct de la préreprise, le rendez-vous de liaison réunit salarié et employeur, avec le service de santé au travail. Il peut se tenir dès une absence de 30 jours (article L. 1226-1-3 et article D. 1226-8-1).

Il informe le salarié des actions de prévention de la désinsertion professionnelle et de l'examen de préreprise. Le texte ajoute que la suspension du contrat ne fait pas obstacle à ce rendez-vous. Le refus du salarié de s'y rendre ne peut entraîner aucune conséquence.

Comment se déroule la visite de reprise ?

La visite se tient auprès du médecin du travail du service de prévention et de santé au travail. Elle porte sur l'état de santé du salarié au regard de son poste et de ses conditions de travail.

Le déroulement de la consultation

Le médecin interroge le salarié sur son état et sur son activité. Il peut tenir compte des préconisations de la préreprise et des propositions de l'employeur. Le salarié peut apporter les éléments médicaux qu'il juge utiles.

Selon la fiche officielle, la visite peut se faire en téléconsultation, avec l'accord du salarié et du médecin. Si l'évaluation à distance échoue, le médecin reprogramme le rendez-vous en présentiel.

Les suites possibles de la visite

À l'issue de l'examen, plusieurs issues restent possibles :

  • reprise du poste sans réserve ;
  • reprise avec aménagements du poste ou du temps de travail ;
  • proposition d'un autre poste ;
  • constat d'inaptitude, dans les conditions de l'article R. 4624-42.

Sur la portée des recommandations, voir notre article sur les préconisations du médecin du travail.

Inaptitude constatée lors de la visite de reprise

Le constat d'inaptitude obéit à une procédure stricte. L'article R. 4624-42 impose au médecin du travail un examen médical, une étude du poste, une étude des conditions de travail et un échange avec l'employeur.

Si un second examen s'avère utile, il a lieu dans un délai maximal de quinze jours après le premier.

Un mois pour reclasser ou licencier

Lorsque le salarié déclaré inapte ne se trouve ni reclassé ni licencié dans le mois qui suit l'examen de reprise, il retrouve son salaire. L'employeur verse alors la rémunération de l'emploi occupé avant l'arrêt.

Cette règle figure à l'article L. 1226-4 pour l'origine non professionnelle et à l'article L. 1226-11 pour l'accident du travail ou la maladie professionnelle. Notre page sur le licenciement pour inaptitude détaille la suite, jusqu'à la rupture du contrat et l'indemnité de licenciement.

Que faire en l'absence de visite de reprise ?

L'absence de visite obligatoire constitue un manquement de l'employeur, susceptible d'engager sa responsabilité. Elle se rattache à son obligation de sécurité, posée par l'article L. 4121-1 : prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Côté salarié

Le salarié a intérêt à réclamer la visite par écrit et à conserver la preuve de sa demande. Les conséquences de l'absence de visite sur le contrat de travail et sur la rémunération dépendent de la situation et de la jurisprudence ; elles justifient un examen au cas par cas.

Un litige peut relever du juge prud'homal. Notre article sur la prescription de l'action prud'homale expose les délais pour agir.

Côté employeur

Pour l'employeur, un réflexe simple s'impose : saisir le service dès qu'il connaît le retour du travailleur, et tracer la saisine. Un retour au poste sans examen expose l'entreprise si l'état de santé du salarié se dégrade.

Contester l'avis du médecin du travail

Les avis, propositions et conclusions du médecin du travail peuvent faire l'objet d'une contestation devant le conseil de prud'hommes, selon la procédure accélérée au fond. Cette protection vaut pour le salarié comme pour l'employeur.

D'après l'article R. 4624-45, le délai atteint quinze jours à compter de leur notification. La mention des modalités de recours et de ce délai doit y figurer. Selon l'article L. 4624-7, le salarié ou l'employeur peut saisir cette juridiction, qui a donc compétence pour les deux parties.

Exemples hypothétiques

Exemple 1 : une salariée revient après six semaines d'absence pour maladie. Le seuil légal ne se trouve pas atteint : la visite de reprise ne s'impose pas, mais elle peut solliciter un examen si son poste lui paraît incompatible avec son état.

Exemple 2 : un salarié victime d'un accident du travail reprend après six semaines. L'employeur doit saisir le service, et la visite doit se tenir au plus tard huit jours après son retour.

Exemple 3 : arrêt délivré en juillet 2026, préreprise trois semaines avant le retour, sans aucune mesure préconisée. La dispense peut jouer, sauf si le salarié, l'employeur ou le médecin réclame la visite de reprise.

Conseils pratiques

Quelques réflexes limitent les litiges autour du retour au travail :

  • Vérifier le motif et la durée de l'absence pour savoir si la visite s'impose ;
  • anticiper la saisine du service dès l'annonce du retour ;
  • proposer la préreprise pour les absences longues, afin de préparer les aménagements ;
  • conserver les écrits : demandes, convocations, avis et notifications ;
  • surveiller le délai de recours pour contester une décision médicale.

Pour la reprise du travail au sens large, voir aussi notre page sur la reprise de travail après un arrêt maladie et notre point sur l'arrêt maladie en 2026, qui traite de l'indemnisation par la Sécurité sociale pendant la période d'absence.

Questions fréquentes

La visite de reprise s'impose-t-elle après un arrêt maladie ?

Oui, après une maladie ou un accident non professionnel ayant entraîné une absence d'au moins 60 jours. En dessous, le texte ne l'exige pas, mais une visite à la demande reste possible.

Faut-il une visite après un congé maternité ?

Oui. Après un congé maternité, la visite de reprise doit être organisée quelle que soit sa durée, selon l'article R. 4624-31.

Qui doit organiser la visite de reprise ?

L'employeur. Il saisit le service de prévention et de santé au travail dès qu'il connaît le retour du salarié.

Le salarié peut-il reprendre avant la visite ?

Le texte prévoit que l'examen a lieu lors de la reprise effective ou dans les huit jours qui suivent. Le retour précède donc parfois la visite, dans ce délai.

Le salarié peut-il refuser la visite de reprise ?

La visite fait partie du suivi de santé prévu par le Code du travail. Un refus peut créer une difficulté avec l'employeur ; mieux vaut en discuter avec le médecin du travail.

La visite de préreprise remplace-t-elle la visite de reprise ?

Seulement pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, si la préreprise a eu lieu dans les trente jours précédant le retour et ne préconise aucune mesure. Chacun peut encore exiger la visite de reprise.

Combien de temps pour contester la décision du médecin ?

Quinze jours à compter de la notification, devant la juridiction prud'homale.

Être accompagné lors de votre reprise

Une visite non organisée, une inaptitude ou des aménagements refusés appellent une analyse rapide des délais. Le cabinet intervient en accident du travail et en droit social, notamment en santé au travail, auprès des salariés et des employeurs, à Versailles et à Paris.

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Sources officielles

Fiche pratique à jour au 19 octobre 2026.