Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026
Le congé de solidarité familiale permet à un salarié de s'absenter pour accompagner un proche en fin de vie. Le contrat de travail est suspendu et l'employeur ne verse pas de salaire.
En contrepartie, le salarié peut percevoir une allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie, l'AJAP, versée par l'assurance maladie. Ce guide présente les conditions, la durée, la procédure, l'indemnisation et les droits au retour.
Congé de solidarité familiale : l'essentiel.
Le congé de solidarité familiale est un droit du salarié prévu aux articles L. 3142-6 et suivants du Code du travail. Il suspend le contrat de travail pour permettre d'assister une personne en fin de vie.
Il s'adresse aux travailleurs salariés du secteur privé, sans condition d'ancienneté. Les fonctionnaires et agents de la fonction publique relèvent de règles propres, qui ne sont pas traitées ici.
Selon l'article L. 3142-6 du Code du travail, le salarié peut demander ce congé pour accompagner :
La personne accompagnée doit souffrir d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital. Le congé est aussi ouvert lorsqu'elle est en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause.
Ce congé ne se confond pas avec le congé de proche aidant, qui vise le soutien à une personne en situation de handicap ou en perte d'autonomie. Il se distingue aussi du congé de présence parentale, réservé à l'enfant gravement malade.
Pour une vue d'ensemble des absences également liées à la vie familiale, voir notre article sur les congés spéciaux du salarié.
Les conditions tiennent à la personne accompagnée et à son état de santé. Aucune condition ne tient à la taille de l'entreprise ou à l'ancienneté du salarié.
Concrètement, le salarié doit réunir trois éléments :
Le Code du travail n'exige pas que la personne soit soignée à domicile pour ouvrir droit au congé. Cette condition concerne en revanche l'allocation journalière, présentée plus bas.
À défaut de convention collective, le salarié informe l'employeur au moins 15 jours avant le début du congé. Ce délai de prévenance s'applique au premier départ. L'information se fait par tout moyen conférant date certaine, par exemple une lettre recommandée avec accusé de réception ou une remise en main propre contre décharge (article D. 3142-5).
La demande doit préciser :
Le salarié y joint un certificat médical établi par le médecin traitant de la personne accompagnée. Ce certificat atteste de l'état de santé exigé par la loi.
Le salarié indique aussi sa date prévisible de retour, par un moyen conférant date certaine. Si cette date change, il prévient l'employeur au moins trois jours avant son retour (article D. 3142-3).
En cas d'urgence absolue constatée par écrit par le médecin, le congé débute sans délai (article L. 3142-7). Le salarié n'a donc pas à respecter le délai de 15 jours.
Réflexe pratique : conservez une copie du courrier, du justificatif médical et de tout courriel échangé avec l'employeur. Ces pièces seront utiles en cas de difficulté.
À défaut de convention collective, la durée maximale est de trois mois, renouvelable une fois (article L. 3142-15). C'est le salarié qui fixe la durée du congé, dans ces limites (article L. 3142-7).
Un accord d'entreprise ou, à défaut, un accord de branche peut fixer d'autres règles. L'article L. 3142-14 lui confie notamment :
Vérifiez donc d'abord la convention collective applicable et les accords de votre entreprise.
Pour renouveler le congé ou la période à temps partiel, le salarié prévient l'employeur au moins 15 jours avant le terme initialement prévu. Il utilise là encore un moyen conférant date certaine (article D. 3142-6).
Le congé prend fin dans l'un des cas suivants (article L. 3142-7) :
En cas de décès, le salarié conserve ses droits aux congés pour événements familiaux, qui s'ajoutent à la fin du congé.
| Étape | Délai ou condition | Référence |
|---|---|---|
| Demande initiale | 15 jours avant le départ, date certaine, certificat médical | D. 3142-5 |
| Urgence absolue | Départ sans délai, constat écrit du médecin | L. 3142-7 |
| Durée maximale | 3 mois, renouvelable une fois | L. 3142-15 |
| Changement de date de retour | 3 jours avant le retour | D. 3142-3 |
| Renouvellement | 15 jours avant le terme prévu | D. 3142-6 |
| Fin après décès | Dans les 3 jours suivant le décès | L. 3142-7 |
| Refus de l'employeur | Saisine directe du conseil de prud'hommes | L. 3142-13 |
Oui, avec l'accord de l'employeur. Le salarié peut transformer le congé en activité à temps partiel ou le fractionner en plusieurs périodes (article L. 3142-8).
L'accord de l'employeur est ici une condition. Le congé à temps plein, lui, est un droit dès lors que les conditions légales sont réunies.
Les modalités du fractionnement relèvent de la convention collective ou, à défaut, d'un décret. Mieux vaut formuler ce souhait dès le courrier initial.
Pendant le congé, le salarié n'est pas rémunéré par l'employeur, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Il ne peut exercer aucune autre activité professionnelle (article L. 3142-9).
Le salarié qui bénéficie du congé peut demander l'AJAP. Selon l'article L. 168-1 du Code de la sécurité sociale, elle suppose d'accompagner à domicile une personne en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable.
Selon la fiche Service-Public vérifiée le 1er avril 2026, le domicile s'entend aussi de celui du salarié, d'une maison de retraite ou d'un Ehpad. L'allocation continue d'être versée pendant une hospitalisation de la personne accompagnée (article L. 168-4).
L'allocation est due pour 21 jours au maximum. Ce plafond est porté à 42 jours en cas de réduction d'activité, avec une allocation réduite. Elle cesse le lendemain du décès de la personne accompagnée.
Selon la fiche Service-Public vérifiée le 1er avril 2026, le montant de l'allocation est de 64,93 € par jour, ou 32,47 € à temps partiel. Ce montant est revalorisé : vérifiez le chiffre en vigueur auprès de votre caisse d'assurance maladie ou du Cnajap.
Plusieurs proches peuvent se partager l'allocation, dans la limite totale de 21 allocations. Certains demandeurs d'emploi indemnisés peuvent aussi y prétendre, selon des conditions fixées par décret.
Cette prestation offre une prise en charge financière partielle. Le dossier est adressé au Cnajap, le centre national de gestion des demandes d'allocations journalières d'accompagnement, qui relève de l'assurance maladie. Il comprend :
Selon la même fiche, l'absence de réponse du Cnajap dans les 7 jours suivant la réception de la demande vaut accord.
La durée du congé ne s'impute pas sur les congés payés. Elle est prise en compte pour les avantages liés à l'ancienneté, et le salarié garde les avantages acquis avant son départ (article L. 3142-12).
À la reprise, après le congé ou la période à temps partiel, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire. Sa rémunération doit être au moins équivalente (article L. 3142-10).
Le salarié bénéficie d'un entretien professionnel avant et après le congé (article L. 3142-11). Voir notre article sur l'entretien professionnel obligatoire.
Pour l'employeur, le congé de solidarité familiale est un droit à organiser, non une faveur à accorder. Quelques précautions limitent les difficultés :
Dans l'analyse du cabinet, un refus injustifié expose l'entreprise à un contentieux rapide, compte tenu de la procédure accélérée prévue par la loi.
En cas de différend, le salarié peut contester le refus directement devant le conseil de prud'hommes. L'affaire est jugée selon la procédure accélérée au fond (article L. 3142-13).
Avant toute action, rassemblez votre lettre, le justificatif médical et la réponse de l'employeur. Un avocat en droit du travail peut vous aider à évaluer la situation.
Ces situations hypothétiques illustrent l'application des règles :
Le congé à temps plein est un droit lorsque les conditions sont remplies. En revanche, le temps partiel et le fractionnement supposent l'accord de l'employeur.
Non, sauf convention collective plus favorable. Le salarié peut toutefois solliciter l'AJAP, dans la limite de 21 allocations.
Non. Le Code du travail n'exige aucune ancienneté pour ce congé.
Non. Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant le congé (article L. 3142-9).
Le congé prend fin dans les trois jours qui suivent le décès. Le salarié conserve ses congés pour événements familiaux.
Le cabinet Le Bouard Avocats, cabinet de cinq avocats installé à Versailles et à Paris, intervient en droit du travail auprès des salariés et des employeurs sur les congés et absences liés à la vie familiale.
Pour exposer votre situation, vous pouvez utiliser notre page de contact.
Fiche pratique à jour au 26 octobre 2026.
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