Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026
Le délégué syndical est le salarié qui représente un syndicat représentatif auprès de l'employeur. Sa désignation obéit à des conditions précises : effectif, score électoral, ancienneté et formalités.
Employeur qui reçoit une lettre de désignation, personne qui souhaite devenir délégué syndical ou élu du CSE : ce guide fait le point sur les règles du Code du travail en vigueur au 31 octobre 2026.
En bref
Les points à vérifier avant d'accepter ou de contester une désignation.
Le délégué syndical est désigné par une organisation syndicale représentative pour la représenter auprès de l'employeur. Il n'est pas élu par le personnel : il est désigné par son syndicat, avec pour mission de porter sa voix.
Il se distingue donc des membres élus du CSE. Les élus du comité social et économique représentent l'ensemble du personnel ; le délégué syndical assure la représentation de son organisation syndicale au sein de l'entreprise.
Son rôle s'inscrit dans le dialogue social. Il est l'interlocuteur syndical de la direction sur les sujets collectifs : organisation du temps, emploi, conditions de travail.
Le délégué syndical est l'interlocuteur de l'employeur pour la négociation des accords d'entreprise. La validité d'un accord dépend de la signature de syndicats représentatifs.
Selon l'art. L. 2232-12 du Code du travail, l'accord doit être signé par des syndicats ayant recueilli plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur des organisations représentatives. Une consultation des salariés peut être demandée lorsque les signataires dépassent 30 %.
Le représentant syndical au comité social et économique exerce une autre fonction. Sa désignation est portée à la connaissance de l'employeur dans les mêmes formes que celle des délégués syndicaux (C. trav., art. D. 2143-4).
Un syndicat non représentatif ne peut pas désigner de délégué syndical. Dans une entreprise d'au moins 50 salariés, il peut désigner un représentant de la section syndicale.
Ce représentant dispose des mêmes prérogatives que le délégué syndical, sauf le pouvoir de négocier des accords collectifs (C. trav., art. L. 2142-1-1). Son mandat prend fin après les élections professionnelles suivantes si le syndicat n'est pas reconnu représentatif.
Devenir délégué syndical suppose de réunir des conditions tenant à l'entreprise, au syndicat et au candidat. Un seul manquement peut justifier une contestation.
L'article L. 2143-3 du Code du travail vise l'entreprise ou l'établissement d'au moins cinquante salariés. Un délégué peut être désigné lorsque l'effectif de l'entreprise a été atteint pendant douze mois consécutifs.
La désignation peut aussi intervenir au sein d'un établissement regroupant des salariés placés sous la direction d'un représentant de l'employeur. Ces travailleurs doivent former une communauté de travail ayant des intérêts propres.
Seule une organisation syndicale représentative qui constitue une section syndicale peut désigner un délégué syndical. Dans l'entreprise, la représentativité suppose notamment d'avoir recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés.
Ce score est apprécié au premier tour des dernières élections des titulaires au CSE, quel que soit le nombre de votants (C. trav., art. L. 2122-1). Les autres critères de l'article L. 2121-1 doivent aussi être remplis.
Le délégué syndical est choisi parmi les candidats aux élections professionnelles ayant recueilli, à titre personnel et dans leur collège, au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour des dernières élections du CSE.
La loi prévoit des solutions de repli. Le syndicat peut désigner un autre candidat, puis à défaut un adhérent ou un ancien élu, dans les cas suivants :
Selon l'art. L. 2143-1, le délégué syndical doit remplir trois conditions :
Cette durée d'un an est réduite à quatre mois en cas de création d'entreprise ou d'ouverture d'établissement.
Dans les grandes entreprises, la loi permet de désigner des délégués syndicaux supplémentaires et un délégué syndical central. Chacun obéit à un seuil d'effectif.
Dans les entreprises d'au moins cinq cents salariés, un syndicat représentatif peut désigner un délégué syndical supplémentaire (C. trav., art. L. 2143-4).
Le syndicat doit avoir obtenu un ou plusieurs élus dans le collège des ouvriers et employés, et au moins un élu dans l'un des deux autres collèges. Ce délégué est choisi parmi les candidats ayant recueilli au moins 10 % des suffrages.
Dans les entreprises d'au moins deux mille salariés comportant au moins deux établissements d'au moins 50 salariés, chaque syndicat représentatif peut désigner un délégué syndical central (C. trav., art. L. 2143-5).
Il est distinct des délégués syndicaux d'établissement et dispose de 24 heures par mois (C. trav., art. L. 2143-15). Sous 2 000 salariés, un délégué d'établissement peut exercer aussi les fonctions de délégué central.
Sous le seuil de 50 salariés, la loi n'interdit pas tout délégué syndical. Elle prévoit un mécanisme particulier, réservé aux élus du CSE.
D'après l'art. L. 2143-6, les syndicats représentatifs peuvent désigner un membre de la délégation du personnel au CSE comme délégué syndical, pour la durée de son mandat.
Sauf disposition conventionnelle, par exemple une convention collective ou un accord, ce mandat n'ouvre pas droit à un crédit d'heures spécifique. L'élu peut utiliser son temps de délégation au CSE pour ses fonctions de délégué syndical.
Le choix du délégué est un acte du syndicat, mais il doit respecter un formalisme précis. Ce formalisme fait aussi courir le délai de contestation.
La même procédure s'applique en cas de remplacement ou de cessation de fonctions du délégué.
Les délégués syndicaux disposent de moyens légaux pour exercer leur mission : heures de délégation, liberté de déplacement, communication syndicale et, selon l'effectif, un local.
Chaque délégué dispose du temps nécessaire à l'exercice de ses fonctions. L'article L. 2143-13 fixe un minimum mensuel selon l'effectif.
| Effectif de l'entreprise ou de l'établissement | Crédit minimal |
|---|---|
| De 50 à 150 salariés | 12 heures par mois (L. 2143-13) |
| De 151 à 499 salariés | 18 heures par mois (L. 2143-13) |
| Au moins 500 salariés | 24 heures par mois (L. 2143-13) |
| Délégué syndical central | 24 heures par mois (L. 2143-15) |
| Moins de 50 salariés (élu du CSE désigné) | Pas de crédit spécifique, sauf accord (L. 2143-6) |
Ce temps peut être dépassé en cas de circonstances exceptionnelles. Pour un salarié en forfait jours, le crédit est regroupé, sauf accord contraire, en demi-journées de quatre heures déduites du nombre annuel de jours travaillés.
Les heures de délégation sont de plein droit considérées comme temps de travail et payées à l'échéance normale (C. trav., art. L. 2143-17).
L'employeur qui entend contester leur utilisation doit saisir le juge judiciaire. Le paiement intervient donc d'abord, la discussion sur l'usage du crédit ensuite. Pour aller plus loin, consultez notre article sur les heures de délégation au CSE.
Pendant son crédit d'heures, le délégué peut se déplacer hors de l'entreprise. Il peut aussi circuler librement dans l'entreprise et prendre les contacts nécessaires, y compris auprès d'une personne à son poste.
Cette liberté vaut sous réserve de ne pas apporter de gêne importante au travail des salariés (C. trav., art. L. 2143-20). Faire obstacle à l'exercice du mandat peut caractériser un délit d'entrave.
La section syndicale dispose de plusieurs moyens de communication prévus par le Code du travail :
Le délégué syndical est un salarié protégé. Son licenciement ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail (C. trav., art. L. 2411-3).
L'autorisation est également requise dans deux situations :
Pour toute rupture du contrat de travail d'un représentant, voir notre page salarié protégé.
Le mandat prend fin au plus tard lors du premier tour des élections renouvelant l'institution qui avait permis de reconnaître la représentativité du syndicat (C. trav., art. L. 2143-11).
Dans le cadre d'une réduction importante et durable de l'effectif sous 50 salariés, la suppression du mandat suppose un accord avec toutes les organisations syndicales représentatives. En l'absence d'accord, l'autorité administrative peut décider que le mandat prend fin.
La contestation doit être engagée dans un délai très court. Passé ce délai, la désignation ne peut plus être remise en cause pour un vice de désignation.
Selon l'art. L. 2143-8, le recours n'est recevable que s'il est introduit dans les quinze jours suivant l'accomplissement des formalités de notification.
Passé ce délai, la désignation est purgée de tout vice. L'employeur ne peut plus invoquer une irrégularité pour priver le délégué de ses droits.
Le contentieux relève de la seule compétence du juge judiciaire. L'article R. 2143-5 en précise les modalités :
Avant d'agir, il est utile de reprendre chaque condition :
Une entreprise compte 60 salariés depuis deux ans. Un syndicat ayant obtenu 18 % des suffrages au premier tour désigne une salariée qui a recueilli 12 % des voix dans son collège. Elle a 26 ans et trois ans d'ancienneté.
Les conditions légales paraissent réunies. Elle bénéficie d'un crédit minimal de 12 heures par mois. Si l'employeur souhaite contester, il doit saisir le tribunal judiciaire dans les 15 jours de la notification.
Non. Les délégués syndicaux sont désignés par leur syndicat, en principe parmi les candidats ayant obtenu au moins 10 % des voix aux élections du CSE.
Le représentant de la section syndicale est désigné par un syndicat non représentatif. Il a les mêmes prérogatives, sauf celle de négocier les accords.
Oui, selon un mécanisme particulier : un syndicat représentatif peut désigner un élu du CSE comme délégué syndical, sans crédit d'heures spécifique sauf accord.
Au minimum 12, 18 ou 24 heures par mois selon que l'effectif compte 50 à 150, 151 à 499 ou au moins 500 salariés.
Oui, mais seulement après autorisation de l'inspecteur du travail. La protection couvre aussi l'ancien délégué pendant douze mois s'il a exercé au moins un an.
Quinze jours à compter des formalités de notification, devant le tribunal judiciaire.
Le cabinet Le Bouard Avocats, à Versailles et à Paris, intervient en droit du travail et en relations collectives auprès des employeurs, des salariés et des représentants du personnel. Il peut vous aider à analyser une désignation, sécuriser une négociation ou défendre un salarié protégé.
Pour une vue d'ensemble des instances, voir aussi notre article sur les représentants du personnel et notre guide du droit syndical.
Article à jour des textes en vigueur au 31 octobre 2026. Il présente des règles générales et ne remplace pas l'analyse d'un dossier particulier.
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