Erreurs à Éviter pour une Rupture Conventionnelle Réussie

En résumé

  • La rupture conventionnelle est encadrée par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail
  • 8 erreurs peuvent invalider la procédure ou coûter cher aux deux parties
  • Nouveauté 2026 : la contribution patronale passe à 40 % sur la fraction exonérée de l'indemnité
  • En 2026, la demande d'homologation s'effectue en principe via le téléservice TéléRC. En cas d'impossibilité d'utiliser ce service, le recours à un formulaire Cerfa demeure possible à titre exceptionnel. Pour les salariés protégés, il ne s'agit pas d'une homologation via TéléRC mais d'une autorisation de l'inspecteur du travail.
  • Le délai de rétractation est de 15 jours calendaires (et non 14 comme souvent cru)
  • En cas de doute, consultez un avocat spécialisé avant de signer

La rupture conventionnelle, instaurée par la loi du 25 juin 2008, représente une modalité de cessation du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) par accord mutuel entre l'employeur et le salarié. Distincte du licenciement et de la démission, elle offre une voie de séparation négociée — en apparence simple, mais juridiquement exigeante.Chaque année, la DREETS refuse de nombreuses demandes d'homologation pour des erreurs de procédure évitables. Une seule omission peut suffire à invalider la convention ou exposer l'une des parties à un contentieux coûteux.

Cet article passe en revue les 8 erreurs les plus fréquentes observées en cabinet, actualisées avec la jurisprudence 2024-2025 et les évolutions législatives de 2026.

Comment demander une rupture conventionnelle sans braquer l’employeur ?

Une rupture conventionnelle repose sur un accord commun. Le salarié ne peut pas l’imposer à l’employeur, et l’employeur ne peut pas l’imposer au salarié. C’est pourquoi la manière de présenter la demande compte autant que le fond du dossier.

Avant d’aborder l’indemnité ou la date de départ, il est préférable de formuler une demande posée, professionnelle et structurée. L’objectif est de montrer que le départ peut être organisé sans désorganiser l’entreprise.

Le salarié peut notamment mettre en avant :

  • un projet de reconversion ;
  • une perte de motivation durable ;
  • une volonté de départ négocié ;
  • un calendrier de transition raisonnable ;
  • la possibilité de transmettre les dossiers en cours ;
  • l’intérêt d’une séparation apaisée plutôt qu’un conflit.

À éviter absolument :

  • demander la rupture sous le coup de l’émotion ;
  • menacer de se mettre en arrêt maladie ;
  • envoyer une demande sèche par message instantané ;
  • arriver à l’entretien sans connaître ses droits ;
  • exiger une indemnité sans justification.

La bonne approche consiste à demander un entretien dédié, à expliquer calmement sa situation et à laisser une marge de discussion à l’employeur.

Erreur 1 : Manque de préparation en amont

Pourquoi la préparation est-elle indispensable ?

Une rupture conventionnelle mal préparée conduit à des accords déséquilibrés, des malentendus, ou des contestations devant le conseil de prud'hommes. La complexité des dispositions légales (art. L1237-11 et suivants du Code du travail) requiert une vigilance constante des deux parties.

Ce que doit faire le salarié

Connaître ses droits : Se familiariser avec les articles L1237-11 et suivants, comprendre le calcul de l'indemnité, le délai de rétractation et les droits au chômage.

Évaluer sa position de négociation : Ancienneté, compétences clés, évaluations positives, contribution à des projets stratégiques — autant d'éléments qui renforcent votre position.

Constituer un dossier : Rassembler contrats, bulletins de salaire, évaluations de performance, correspondances. En cas de conflit préexistant, des attestations médicales ou témoignages peuvent être déterminants.

Anticiper le différé d'indemnisation chômage : Si l'indemnité négociée dépasse le minimum légal, France Travail (ex-Pôle Emploi) applique un différé supplémentaire pouvant aller jusqu'à 150 jours calendaires avant le versement des allocations. Anticipez ce délai avant de signer.

Ce que doit faire l'employeur

Évaluer les risques juridiques : Analyser l'historique des interactions avec le salarié, les éventuelles procédures disciplinaires passées, les accords collectifs applicables. Une procédure disciplinaire mal menée peut constituer un levier pour le salarié en cas de litige.

Anticiper les conséquences financières : Calculer le coût total de la rupture, en intégrant la nouvelle contribution patronale de 40 % applicable depuis janvier 2026 sur la fraction exonérée de l'indemnité (voir Erreur 6).

Vérifier le statut du salarié : Salarié protégé, femme enceinte, salarié en arrêt maladie — chaque situation implique des précautions spécifiques (voir Erreur 8).

Pour les deux parties

  • Rassembler tous les documents pertinents : contrat de travail, bulletins de salaire, convention collective applicable

Erreur 2 : Négliger le délai de rétractation

Quel est le délai exact ?

Selon l'article L1237-13 du Code du travail, chaque partie dispose de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature pour se rétracter, sans avoir à se justifier.

⚠️ Attention : beaucoup confondent 14 et 15 jours. Le délai légal est bien de 15 jours calendaires, week-ends et jours fériés inclus.

La rétractation doit être effectuée par un moyen conférant une date certaine — en pratique, une lettre recommandée avec accusé de réception.

Conséquences du non-respect

Si la rétractation intervient hors délai : Elle est juridiquement irrecevable. La convention reste en vigueur et le contrat prend fin à la date prévue.

Si le délai est ignoré par l'une des parties : Cela peut engager sa responsabilité civile, notamment si elle a dissuadé l'autre partie de se rétracter.

Sur le plan financier : Pour le salarié, une rétractation tardive signifie l'acceptation définitive de l'indemnité négociée, sans possibilité de renégociation.

Bonnes pratiques

  • Notez la date limite dans votre calendrier dès la signature
  • N'effectuez aucun versement d'indemnité avant l'expiration du délai
  • Transmettez la demande d'homologation à la DREETS uniquement après l'expiration du délai de rétractation — toute demande anticipée entraîne la nullité de la procédure

Chronologie d’une rupture conventionnelle en 2026

La rupture conventionnelle suit une chronologie précise. L’erreur la plus fréquente consiste à confondre les délais ou à fixer une date de rupture trop tôt.

Chronologie pratique

Les étapes à respecter

1

Entretien

Échange sur le principe et les conditions de la rupture.

2

Signature

Signature de la convention après discussion réelle.

3

Rétractation

15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature.

4

TéléRC / DREETS

Transmission après expiration du délai de rétractation.

5

Instruction

15 jours ouvrables d’instruction administrative.

6

Fin du contrat

La date de rupture doit être postérieure à l’homologation.

Erreur 3 : Sous-estimer l'importance de l'entretien de négociation

Un entretien obligatoire, pas une formalité

L'entretien préalable est une étape obligatoire de la procédure (art. L1237-12 du Code du travail). Son absence entraîne la nullité de la convention.

L'entretien préalable constitue une étape obligatoire de la procédure. Il doit permettre un échange réel sur le principe et les conditions de la rupture, ainsi que sur les conséquences de celle-ci pour les parties.

La signature de la convention dès le premier entretien n'est pas, à elle seule, irrégulière. La Cour de cassation a rappelé qu'aucun délai n'est imposé entre l'entretien et la signature, dès lors que l'entretien a bien eu lieu avant la conclusion de la convention (Cass. soc., 13 mars 2024, n° 22-10.551). En revanche, la rupture peut être contestée si l'une des parties établit un vice du consentement, notamment en cas de pression ou de manœuvre.

Règles sur l'assistance

Lors de l'entretien, le salarié peut se faire assister par :

  • Un membre du personnel de l'entreprise
  • En l'absence de représentants du personnel : un conseiller extérieur inscrit sur la liste préfectorale officielle (art. L1237-12)

L'employeur ne peut être assisté que si le salarié a lui-même fait usage de cette faculté. Un refus implicite de faciliter l'assistance du salarié (ex : convocation à 18h alors que son conseiller n'est disponible qu'en journée) peut être assimilé à une entrave.

Conseils pratiques

Pour le salarié : Préparez vos objectifs, l'indemnité souhaitée, les conditions de départ. Exprimez vos positions de manière factuelle et posée.

Pour l'employeur : Faites preuve d'écoute active. Communiquez ouvertement sur les raisons de la proposition. Évitez toute pression ou formulation du type "si tu refuses, tu seras licencié".

Pour les deux parties : Formalisez le contenu de l'entretien dans un compte-rendu succinct signé par les deux parties. Sans valeur contractuelle, ce document constitue un élément probatoire précieux en cas de contestation ultérieure.

Erreur 4 : Mal calculer l'indemnité de rupture conventionnelle

Le minimum légal en 2025-2026

Selon l'article L1237-13 du Code du travail, l'indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement :

Si la convention collective applicable prévoit un montant plus favorable, c'est ce montant qui s'applique.

Les erreurs de calcul les plus fréquentes

Erreur sur l'ancienneté : L'ancienneté servant au calcul de l'indemnité doit être vérifiée avec précision, car certaines périodes de suspension du contrat obéissent à des règles particulières. Il ne faut pas affirmer de manière générale que toute la période d'emploi est toujours intégralement retenue — notamment en présence d'un congé parental d'éducation à temps plein. Un calcul erroné expose l'employeur à une requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Erreur sur la base de rémunération : Le calcul doit intégrer tous les éléments de salaire : salaire de base, primes régulières, avantages en nature (voiture, téléphone, tickets restaurant), commissions. Calculer sur le salaire net au lieu du salaire brut est une erreur classique.Oubli de la convention collective : Certaines conventions prévoient des planchers plus élevés que le minimum légal.

Simulation 2026

Calculateur d’indemnité minimale de rupture conventionnelle

Estimez le montant minimal légal de l’indemnité de rupture conventionnelle. Le résultat reste indicatif : votre convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable.

Formule légale : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà.

Conséquences d'une indemnité insuffisante

  • Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir le complément (Cass. soc., 10 décembre 2014, n°13-22.134)
  • La DREETS peut refuser l'homologation si l'indemnité est manifestement insuffisante

Pour les cas complexes (cadres, primes variables, longue ancienneté), consultez un avocat spécialisé ou utilisez le simulateur officiel du Ministère du Travail.

Indemnité de rupture conventionnelle : les erreurs de calcul à éviter

Erreur Risque Bon réflexe
Calculer sur le salaire net Indemnité sous-évaluée. Raisonner sur la rémunération brute de référence.
Oublier les primes régulières Base de calcul incomplète. Vérifier primes, commissions et avantages en nature.
Ignorer la convention collective Indemnité inférieure au minimum applicable. Comparer indemnité légale et indemnité conventionnelle.
Mal calculer l’ancienneté Erreur sur le montant minimum dû. Vérifier date d’entrée, suspensions du contrat et règles spécifiques.

Erreur 5 : Ignorer les nouvelles règles d'homologation (TéléRC)

Combien de temps dure réellement une rupture conventionnelle ?

Étape Délai Risque
Entretien Jour 1 Nullité si absent
Signature Même jour possible Vice consentement
Rétractation 15 jours calendaires Trop tard = perdu
TéléRC Après rétractation Refus DREETS
Homologation 15 jours ouvrables Date invalide

La dématérialisation est désormais obligatoire

En 2026, dans le régime de droit commun, la demande d'homologation de la rupture conventionnelle est transmise via le téléservice TéléRC. Lorsque ce téléservice ne peut pas être utilisé, un formulaire Cerfa peut encore être admis à titre exceptionnel. Le régime diffère pour les salariés protégés, qui relèvent d'une procédure d'autorisation administrative spécifique.

Le calendrier d'homologation

⚠️ Erreur fréquente : Fixer une date de rupture antérieure à l'homologation. Cela transforme automatiquement la rupture conventionnelle en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

⚠️ Attention au calcul des délais : Le délai de rétractation est en jours calendaires (tous les jours comptent). Le délai d'instruction est en jours ouvrables (dimanches et jours fériés exclus). Cette distinction génère fréquemment des erreurs de calendrier.

Que vérifie la DREETS avant d’homologuer la rupture conventionnelle ?

La DREETS ne se contente pas d’enregistrer la demande. Elle vérifie plusieurs éléments essentiels de la procédure.

Elle contrôle notamment :

  • l’identité des parties ;
  • la date de signature ;
  • le respect du délai de rétractation ;
  • le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ;
  • la date envisagée de rupture du contrat ;
  • la cohérence du formulaire ;
  • l’absence d’erreur manifeste dans la procédure.

Une demande transmise trop tôt, une indemnité insuffisante ou une date de rupture mal fixée peut entraîner un refus d’homologation.

Erreur 6 : Ignorer les implications fiscales et sociales (nouveauté 2026)

Régime fiscal de l'indemnité pour le salarié

L'indemnité de rupture conventionnelle bénéficie d'une exonération fiscale partielle, dans la limite du plus élevé des montants suivants :

  • 2 fois la rémunération annuelle brute perçue l'année précédente
  • 50 % de l'indemnité totale
  • Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement

Exception importante : Si le salarié est en droit de faire valoir ses droits à la retraite au moment de la rupture, l'indemnité est entièrement imposable et soumise à cotisations sociales dès le premier euro. Cette règle vise à limiter les départs à la retraite déguisés en ruptures conventionnelles.

Simulation employeur 2026

Quel est le coût réel d’une rupture conventionnelle pour l’employeur ?

Estimez le coût global indicatif d’une rupture conventionnelle en intégrant l’indemnité négociée, la contribution patronale de 40 % et les congés payés restants.

Attention : cette simulation est volontairement simplifiée. Le régime social et fiscal exact dépend de la fraction exonérée, des plafonds applicables, du montant de l’indemnité et de la situation du salarié.

Nouveauté 2026 : contribution patronale à 40 %

Depuis le 1er janvier 2026, la contribution patronale (forfait social) sur la fraction exonérée de l'indemnité de rupture conventionnelle est portée à 40 % (contre 20 % auparavant). Cette hausse significative doit être intégrée dans le calcul du coût global pour l'employeur.

Plafond d'exonération 2025 : 94 200 € (à vérifier pour 2026 selon le PASS en vigueur).

Recommandations

  • Réalisez des simulations financières avant de fixer le montant de l'indemnité
  • L'administration fiscale peut requalifier une rupture si elle estime que les conditions d'exonération ne sont pas réunies

Exemple concret : combien coûte une rupture conventionnelle à l’employeur en 2026 ?

Depuis la hausse de la contribution patronale applicable en 2026, l’employeur doit intégrer le coût social de l’indemnité dans sa négociation.

Élément Exemple
Indemnité négociée 30 000 €
Contribution patronale 40 % 12 000 € si la fraction concernée est intégralement soumise à contribution
Coût global indicatif 42 000 €

Cet exemple est volontairement simplifié. Le régime social et fiscal exact dépend du montant de l’indemnité, du minimum légal ou conventionnel, de la situation du salarié et des plafonds applicables.

Erreur 7 : Conclure une rupture dans un contexte de litige ou de harcèlement

Le vice du consentement : une cause fréquente d'annulation

Le consentement doit être libre et éclairé au moment de la signature. La Cour de cassation apprécie le vice du consentement uniquement au moment de la signature, pas en amont ni en aval.

Situations à risque :Harcèlement moral : Un arrêt de la Chambre sociale du 23 janvier 2024 a confirmé qu'une rupture conventionnelle conclue dans un contexte de harcèlement moral est automatiquement entachée de nullité si le harcèlement a effectivement vicié le consentement au moment de la signature. Les juges examinent les mails, témoignages de collègues et certificats médicaux.

Litige préexistant : L'existence d'un différend au moment de la signature ne suffit pas, à elle seule, à invalider la convention (Cass. soc., 30 septembre 2013). C'est l'effet du conflit sur le consentement qui compte.

Pression de l'employeur : Si le salarié peut démontrer une pression pour signer rapidement, la procédure est fragilisée même si la signature est intervenue dès le premier entretien (Cass. soc., 13 mars 2024, n° 22-10.551).

Dans quels cas la rupture conventionnelle est-elle risquée ou interdite ?

Situation Possible ? Risque juridique
Salarié en arrêt maladie Oui Vice consentement
Harcèlement moral Très risqué Nullité
Salarié protégé Oui Autorisation inspection
PSE en cours Très encadré Requalification
Salariée enceinte Oui Contentieux discrimination

Conséquences selon la partie concernée

Dans les deux cas, c'est la partie qui invoque le vice qui doit en apporter la preuve.

Interdiction absolue : La rupture conventionnelle individuelle est interdite lorsqu'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ou un accord GPEC est en cours (art. 12 de l'ANI du 11 janvier 2008). Le risque est la requalification en licenciement collectif.

Ce que vérifie le juge en cas de contestation

En cas de litige, le conseil de prud’hommes ne se limite pas à vérifier que le formulaire a été signé. Il recherche si la rupture conventionnelle a été conclue librement et dans des conditions loyales.

Le juge peut notamment examiner :

  • la réalité de l’entretien ;
  • l’existence de pressions ;
  • le contexte de harcèlement ou de conflit ;
  • les échanges avant la signature ;
  • le délai laissé au salarié pour réfléchir ;
  • le montant de l’indemnité ;
  • les conditions de remise des documents ;
  • l’état de santé du salarié au moment de la signature.

Plus le contexte est sensible, plus il faut documenter la procédure.

5 signaux d’alerte avant de signer une rupture conventionnelle

Le salarié doit être particulièrement vigilant lorsque la rupture conventionnelle est proposée dans un contexte tendu.

Les principaux signaux d’alerte sont :

  • l’employeur demande une signature immédiate ;
  • le salarié n’a pas pu se faire assister ;
  • l’employeur menace d’un licenciement en cas de refus ;
  • le montant proposé est inférieur au minimum légal ou conventionnel ;
  • les conséquences sur le chômage ne sont pas expliquées.

Dans ces situations, il est préférable de ne pas signer dans la précipitation et de demander conseil avant toute décision.

Erreur 8 : Négliger la documentation et les formalités post-rupture

Documents obligatoires à remettre au salarié

Le reçu pour solde de tout compte peut être contesté pendant 6 mois après sa signature, même s'il a été signé par le salarié. Un oubli ou une erreur de calcul peut entraîner un litige prud'homal.

Cas des salariés protégés et situations particulières

Certains salariés nécessitent des précautions renforcées :

Salariés protégés (délégués syndicaux, représentants du personnel) : la rupture conventionnelle nécessite une autorisation préalable de l'inspecteur du travail, et non une simple homologation.Femmes enceintes : Aucune interdiction légale, mais le contexte doit être particulièrement documenté pour éviter toute contestation ultérieure.Salariés en arrêt maladie : La rupture conventionnelle peut être valablement conclue pendant un arrêt maladie (Cass. soc., 30 septembre 2014, n°13-16.297), sauf fraude ou vice du consentement. Documentez soigneusement le caractère libre et éclairé du consentement.Fonctionnaires : En 2026, la rupture conventionnelle n'est plus une simple expérimentation arrivée à échéance. Le dispositif a été pérennisé pour les fonctionnaires et figure désormais dans le code général de la fonction publique. Il convient toutefois de distinguer ce régime de celui applicable aux agents contractuels, et de vérifier au cas par cas les textes réglementaires d'application.

Bonnes pratiques documentaires

  • Conservez tous les échanges : emails, SMS, notes de réunion liées à la négociation
  • Rédigez un compte-rendu d'entretien signé par les deux parties
  • Archivez les preuves de versement de l'indemnité et de l'homologation
  • Durée de conservation recommandée : 5 ans (délai de prescription prud'homale)

Checklist rupture conventionnelle 2026 : les points à vérifier avant signature

Checklist 2026

Avant de signer, vérifiez ces points

Procédure

  • Au moins un entretien a eu lieu.
  • La possibilité d’assistance a été respectée.
  • Le consentement est libre.
  • Le délai de rétractation est bien calculé.

Indemnité

  • Le salaire brut de référence est vérifié.
  • L’ancienneté est correctement calculée.
  • La convention collective est contrôlée.
  • L’indemnité négociée est cohérente.

Homologation

  • La demande est envoyée après rétractation.
  • La date de rupture est postérieure à l’homologation.
  • TéléRC est utilisé sauf impossibilité.
  • Les documents de fin de contrat sont préparés.

Rupture conventionnelle : les points de vigilance ne sont pas les mêmes pour le salarié et l’employeur

Pour le salarié Pour l’employeur
Vérifier le montant minimum de l’indemnité. Sécuriser le consentement libre et éclairé.
Anticiper le différé d’indemnisation chômage. Éviter toute pression ou menace de licenciement.
Se faire assister si nécessaire. Respecter strictement les délais légaux.
Ne pas signer sous pression. Documenter les entretiens et les échanges.
Vérifier les conséquences fiscales et chômage. Intégrer le coût social de l’indemnité.

Questions fréquentes

Quel est le délai de rétractation pour une rupture conventionnelle ?

15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature de la convention, conformément à l'article L1237-13 du Code du travail. La rétractation doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception.

L'homologation est-elle obligatoire ?

Oui, sans homologation par la DREETS, la rupture conventionnelle est nulle. En 2026, la demande se fait en principe via le téléservice TéléRC. Un Cerfa reste admis à titre exceptionnel en cas d'impossibilité d'accès au téléservice. Pour les salariés protégés, la procédure est différente : une autorisation de l'inspecteur du travail est requise.

Quel est le montant minimum de l'indemnité en 2025-2026 ?

1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà. L'indemnité est due à partir de 8 mois d'ancienneté. La convention collective peut prévoir un montant plus favorable.

Le salarié a-t-il droit au chômage après une rupture conventionnelle ?

Oui, à condition d'avoir cotisé suffisamment. Attention : si l'indemnité dépasse le minimum légal, un différé d'indemnisation pouvant aller jusqu'à 150 jours peut s'appliquer.

Peut-on conclure une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?

Oui, ce n'est pas interdit en soi (Cass. soc., 30 septembre 2014). Mais le consentement doit être particulièrement bien documenté pour éviter toute contestation.

Peut-on proposer une rupture conventionnelle à un salarié protégé ?

Oui, mais une autorisation préalable de l'inspecteur du travail est obligatoire, en remplacement de la simple homologation.

Qu'est-ce que la contribution patronale de 40 % en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, l'employeur doit verser une contribution de 40 % sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Cette charge doit être intégrée dans le calcul du coût total de la rupture.

Combien de temps pour homologuer une rupture conventionnelle ?

La DREETS dispose de 15 jours ouvrables après réception du dossier via TéléRC. Le silence gardé pendant ce délai vaut homologation implicite.

Checklist avant de signer

  • ✅ Indemnité vérifiée
  • ✅ Convention collective vérifiée
  • ✅ Délai de rétractation noté
  • ✅ TéléRC prêt
  • ✅ Chômage vérifié
  • ✅ Documents de fin de contrat anticipés
  • ✅ Situation particulière analysée

Vous envisagez une rupture conventionnelle ?

Salarié : ne signez pas sans avoir vérifié votre indemnité, vos droits au chômage, les délais de procédure et les risques liés au contexte de départ.

Employeur : sécurisez la procédure avant toute signature afin d’éviter un refus d’homologation, une nullité ou une contestation prud’homale.

Notre cabinet en droit du travail à Versailles vous accompagne pour :

  • vérifier la conformité de la procédure ;
  • calculer l’indemnité de rupture ;
  • contrôler la convention collective applicable ;
  • sécuriser les échanges et les entretiens ;
  • anticiper les risques de contestation ;
  • accompagner la transmission via TéléRC.

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Sources officielles

  • Cass. soc., 13 mars 2024, n° 22-10.551 — Absence de délai imposé entre entretien et signature
  • Cass. soc., 10 décembre 2014, n°13-22.134 — Indemnité insuffisante
  • Cass. soc., 30 septembre 2014, n°13-16.297 — Rupture pendant arrêt maladie