Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026
Oui, mais ce n’est jamais automatique. En pratique, un salarié ne touche 100 % de son salaire pendant un arrêt maladie que si plusieurs mécanismes se cumulent : les indemnités journalières de sécurité sociale, le complément employeur, les dispositions plus favorables de la convention collective et, le cas échéant, un contrat de prévoyance. Les IJSS ne couvrent en principe que 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond légal. Le maintien intégral dépend donc presque toujours de règles complémentaires qu’il faut vérifier dans les documents de l’entreprise.
Pour toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie, il faut raisonner par étapes. La première consiste à identifier le montant des indemnités journalières de sécurité sociale. La deuxième est de vérifier si l’employeur doit verser un complément de salaire au titre du Code du travail ou d’un texte plus favorable. La troisième suppose d’examiner la convention collective applicable. Enfin, la quatrième consiste à contrôler l’existence d’un contrat de prévoyance, collectif ou individuel, susceptible de compléter le revenu jusqu’au maintien intégral. En pratique, le maintien à 100 % ne résulte presque jamais d’un seul dispositif. Il repose sur l’addition de plusieurs niveaux d’indemnisation.
Les IJSS constituent la base de l’indemnisation. En arrêt maladie, elles correspondent en principe à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé à partir des trois derniers salaires bruts, dans la limite d’un plafond. En 2026, l’indemnité journalière maladie ne peut pas dépasser 41,47 € brut par jour. Concrètement, un salarié percevant une rémunération supérieure au plafond légal subira une perte de revenu importante s’il ne bénéficie ni d’un maintien employeur renforcé, ni d’une prévoyance adaptée.
Le salarié ayant au moins un an d’ancienneté peut bénéficier d’une indemnité complémentaire versée par l’employeur, sous réserve de remplir les conditions légales. Le régime de base prévu par le Code du travail permet, en principe, d’atteindre 90 % de la rémunération brute, puis 66,66 %, pendant des durées qui augmentent avec l’ancienneté. Dans les arrêts maladie ordinaires, ce maintien légal commence en principe au-delà de sept jours d’absence.
Le maintien à 100 % du salaire dépend souvent de la convention collective. Certaines branches prévoient un régime plus favorable que le minimum légal : délai de carence réduit, ancienneté assouplie, maintien intégral pendant une période déterminée ou prise en charge plus longue. C’est souvent à ce niveau que se joue la différence entre un salarié qui perçoit seulement les IJSS et un salarié qui conserve l’essentiel, voire la totalité, de sa rémunération.
Lorsqu’un contrat de prévoyance existe, il peut compléter les IJSS et le maintien employeur. C’est souvent ce mécanisme qui permet, en pratique, d’atteindre 80 %, 90 % ou 100 % du salaire pendant l’arrêt. Il faut donc vérifier la notice de garanties, la part financée par l’employeur, le délai de franchise, la durée de prise en charge et le niveau exact d’indemnisation.
Prenons l’exemple d’un salarié percevant 2 800 € brut par mois, avec plus d’un an d’ancienneté.
Conclusion pratique : toucher 100 % de son salaire pendant un arrêt maladie n’est pas un droit uniforme. C’est le résultat d’un cumul de dispositifs qu’il faut vérifier de manière méthodique.
Avant d’affirmer qu’un salarié peut ou non conserver l’intégralité de sa rémunération pendant un arrêt maladie, il faut examiner les bons documents.
1. Le bulletin de paie
Il permet d’identifier la convention collective applicable, l’existence éventuelle d’un régime de prévoyance et les pratiques de subrogation.
2. La convention collective
C’est souvent elle qui prévoit les règles les plus favorables : maintien renforcé, ancienneté réduite, délai de carence allégé ou supprimé.
3. Le contrat de travail
Certaines clauses individuelles peuvent améliorer le régime applicable, en particulier pour les cadres ou certains profils recrutés avec un package spécifique.
4. La notice de prévoyance
Elle précise le niveau exact de couverture, la franchise, la durée et les exclusions éventuelles.
5. Les documents de paie et d’arrêt du mois concerné
Ils permettent de vérifier si les IJSS, le complément employeur et, le cas échéant, la subrogation ont bien été mis en œuvre.
En arrêt maladie, les indemnités journalières de sécurité sociale ne sont pas dues automatiquement. Le salarié doit remplir les conditions d’ouverture de droits prévues par l’Assurance maladie. En pratique, pour un arrêt de moins de 6 mois, il faut notamment justifier d’une activité suffisante ou d’un niveau minimal de cotisations. Les IJSS correspondent ensuite en principe à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond légal. En 2026, l’indemnité journalière maximale maladie atteint 41,47 € brut par jour.
À vérifier immédiatement :
Le calcul des indemnités journalières repose sur votre salaire moyen des trois derniers mois précédant l'arrêt. Le montant brut des indemnités représente environ 50% de ce salaire journalier moyen, avec un plafond établi réglementairement.
Pour optimiser le montant perçu, certains salariés bénéficient également d'un complément de leur employeur. Mais comment obtenir ce complément ? Cela dépend souvent des conventions collectives auxquelles vous êtes soumis.
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L'arrêt maladie peut avoir un impact significatif sur vos finances. Grâce à notre calculatrice, vous pouvez estimer rapidement et facilement les indemnités journalières que vous percevrez de la Sécurité sociale, ainsi que le montant du maintien de salaire éventuel par votre employeur. Cet outil vous offre une estimation personnalisée en tenant compte de votre situation professionnelle, de votre ancienneté et des dispositions spécifiques de votre convention collective.
Depuis la réforme entrée en vigueur en avril 2025, le salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières maladie reste plafonné à 1,4 Smic.
En pratique :
Cela signifie qu’un salarié percevant une rémunération supérieure au plafond subira mécaniquement une perte de revenus plus importante si aucun complément employeur ou contrat de prévoyance ne vient compléter les IJSS.
C’est précisément pour cette raison que de nombreux salariés pensent à tort qu’ils toucheront automatiquement leur salaire habituel pendant un arrêt maladie.
Un calculateur d’arrêt maladie ne permet jamais, à lui seul, de garantir que le salarié percevra 100 % de sa rémunération. Il donne avant tout une estimation de base à partir des règles légales, à laquelle peuvent ensuite s’ajouter, selon les cas, le complément employeur, la convention collective applicable et les garanties de prévoyance. Le résultat doit donc être lu comme une simulation indicative et non comme un montant définitif de paie
Comprendre vos droits en matière de rémunération pendant un arrêt maladie est crucial pour gérer vos finances personnelles. Cette calculatrice vous permet d'obtenir une estimation précise en fonction de votre situation professionnelle et des règles particulières qui s'appliquent à votre secteur d'activité.
Pour utiliser la calculatrice, il vous suffit de saisir quelques informations de base telles que votre salaire brut moyen, la durée de votre arrêt maladie, et votre ancienneté dans l'entreprise. En quelques clics, vous obtiendrez une estimation du montant que vous pouvez attendre pendant votre arrêt maladie, en fonction de votre convention collective.
Mise en garde : ceci est une estimation, la calculatrice peut ne pas prendre en compte certaines conventions collectives. le résultat donné reste une estimation.
Cette simulation a une valeur strictement indicative. Elle ne prend pas automatiquement en compte toutes les règles conventionnelles, les délais de carence plus favorables, le maintien de salaire prévu par l’employeur, la subrogation, les garanties de prévoyance ou les situations particulières liées à la nature de l’arrêt de travail. Pour une analyse fiable, il convient de confronter le résultat à la convention collective applicable et aux documents de paie.
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En droit du travail, le salarié en arrêt maladie ne dépend pas uniquement des IJSS. Lorsqu’il remplit les conditions légales, il peut bénéficier d’une indemnité complémentaire versée par l’employeur. Le Code du travail exige notamment un an d’ancienneté, une absence justifiée par certificat médical, la prise en charge par la sécurité sociale, ainsi que des soins réalisés en France ou dans un autre État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.
Le régime légal de base permet, en principe :
Ces durées augmentent avec l’ancienneté. En pratique, le maintien de salaire par l’employeur constitue donc souvent le deuxième étage indispensable avant d’envisager un maintien intégral de la rémunération.
Le Code du travail prévoit une indemnisation complémentaire versée par l’employeur lorsque le salarié remplit les conditions légales.
La durée du maintien augmente progressivement avec l’ancienneté dans l’entreprise.
Voici le barème légal applicable.
En pratique, plusieurs acteurs peuvent intervenir simultanément. Beaucoup de salariés pensent que leur employeur paie tout, ce qui est faux.
En résumé, la CPAM constitue le premier niveau d’indemnisation, mais elle ne permet pas de conserver 100 % du salaire. Le maintien intégral suppose presque toujours l’intervention d’un second niveau, voire d’un troisième : complément employeur, convention collective plus favorable ou prévoyance. C’est pourquoi l’analyse du bulletin de paie et de la notice de prévoyance est déterminante.
Oui, très souvent. Dans de nombreuses branches, la convention collective prévoit un régime plus favorable que le minimum légal. Il peut s’agir :
En pratique, il ne faut jamais se limiter au seul Code du travail. La première vérification utile consiste à identifier la convention collective applicable sur le bulletin de paie, puis à contrôler les dispositions relatives à l’arrêt maladie et au maintien de salaire.
Même lorsque le salarié perçoit les IJSS et bénéficie du complément employeur, il peut continuer à subir une perte de revenu. C’est précisément à ce stade qu’intervient la prévoyance. Un contrat collectif souscrit dans l’entreprise, ou parfois un contrat individuel, peut compléter les sommes déjà versées afin de rapprocher l’indemnisation de la rémunération habituelle.
Il faut vérifier :
Attention : la mutuelle santé ne doit pas être confondue avec la prévoyance.
La mutuelle rembourse principalement les frais de santé. La prévoyance, elle, protège le revenu en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de décès.
Certains statuts ne bénéficient pas du même niveau de protection. Voici ce que vous devez savoir.
💡 Conseil : Consultez votre convention collective pour savoir si vous êtes éligible à un maintien de salaire prolongé.
La plupart des conventions collectives offrent des dispositions favorables relatives au maintien de salaire. Elles définissent notamment :
Certaines conventions collectives permettent même de percevoir jusqu’à 100% du salaire net habituel, particulièrement dans les secteurs où les conditions de travail sont physiques ou stressantes. Il est donc crucial de consulter la convention collective de votre secteur pour connaître vos droits.
Il n’existe pas de règle uniforme par secteur.
Deux salariés travaillant dans la même branche peuvent avoir des niveaux de maintien différents selon :
Le bon réflexe consiste à vérifier :
La Sécurité sociale et l’employeur ne couvrent pas toujours 100 % du salaire. La prévoyance collective ou individuelle permet de combler cette perte.
✅ Collective (via l’employeur) → Obligatoire pour les cadres, prise en charge partielle par l’entreprise.
✅ Individuelle (souscrite par le salarié) → Plus flexible, mais à la charge totale du salarié.
💡 Conseil : Demandez à votre employeur si un contrat de prévoyance est en place et quelles sont ses modalités.
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La mutuelle santé ne sert pas, en principe, à maintenir le salaire pendant un arrêt maladie. Elle rembourse les frais de santé : consultations, médicaments, hospitalisation, optique ou dentaire. La prévoyance, elle, protège le revenu du salarié lorsqu’il ne peut plus travailler.
Cette distinction est essentielle : un salarié peut avoir une bonne mutuelle d’entreprise sans bénéficier d’un maintien de salaire à 100 %. Pour vérifier ses droits, il faut donc demander la notice de prévoyance, et non uniquement le tableau de garanties santé.
Un contrat de prévoyance est une garantie supplémentaire permettant de maintenir le revenu du salarié en cas d’incapacité temporaire de travail, invalidité ou décès. Les garanties et modalités varient selon le contrat souscrit. En général, le salarié perçoit une somme complémentaire jusqu’à atteindre un certain pourcentage de son salaire net.
Vérifiez auprès de votre employeur ou de votre représentant du personnel si ce genre de dispositif est disponible dans votre entreprise, et les modalités pour en bénéficier.
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Pour bénéficier pleinement des indemnisations, plusieurs démarches administratives sont essentielles et doivent être respectées scrupuleusement.
Dès réception de votre certificat médical d'arrêt de travail, vous avez la responsabilité de transmettre cet avis à votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et à votre employeur dans les 48 heures. Le non-respect de ce délai peut entraîner une suspension des indemnités journalières.
Un avis d’arrêt de travail incomplet, illisible ou établi sur un support non conforme peut entraîner un rejet ou un retard de traitement du dossier. En pratique, il est recommandé de vérifier immédiatement la lisibilité du document, la présence des mentions essentielles et la conformité du formulaire utilisé.
✅ Bon réflexe : photographiez le Cerfa remis par votre médecin ; vérifiez lisibilité et signature avant dépôt.
Pour éviter une suspension de vos indemnités ou un retard de paiement :
Beaucoup de litiges ne viennent pas d’un refus de droit, mais d’un dossier mal transmis.
Il arrive parfois que les paiements des indemnités journalières soient retardés pour diverses raisons administratives. Afin de minimiser ces délais, assurez-vous de fournir tous les documents requis et correctement complétés. Tenez-vous informé auprès de votre CPAM quant à l'état de votre dossier pour anticiper tout besoin de pièces complémentaires.
L’arrêté du 9 avril 2025 autorise, à titre pilote, la contre-visite médicale par visioconférence si le salarié habite à plus de 30 km du médecin contrôleur.
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Il existe des situations particulières qui peuvent influencer le montant ou l'éligibilité des indemnités journalières ou du maintien de salaire.
Les travailleurs intérimaires ont des critères légèrement différents pour l'accès aux IJSS. Ils doivent justifier de 600 heures de travail au cours des 12 mois précédant l'arrêt de travail.
Ces spécificités impliquent souvent des ajustements des modalités de complément salarial par l’employeur ou des organismes de protection sociale que les intérimaires doivent bien maîtriser pour éviter toute perte financière.
Pour les arrêts de plus de 6 mois, les règles d’indemnisation deviennent plus techniques. Les conditions d’activité, de cotisations et d’affiliation doivent être vérifiées avec attention. Le maintien légal ou conventionnel du salaire peut également arriver à épuisement, ce qui rend l’examen du contrat de prévoyance particulièrement important.
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Les réformes récentes ont apporté des changements significatifs pour les salariés en arrêt maladie.
💡 Conseil : Restez informé des changements législatifs pour adapter vos démarches et maximiser votre indemnisation.
Non, un employeur ne peut pas licencier un salarié en raison de son état de santé.
Un licenciement fondé directement sur la maladie serait discriminatoire.
En revanche, la jurisprudence admet dans certains cas un licenciement lorsque :
Ces licenciements sont régulièrement contestés devant le conseil de prud’hommes.
Lorsqu’un licenciement intervient pendant ou après un arrêt maladie, une analyse juridique individualisée est souvent nécessaire.
Oui, mais ce n’est jamais automatique. En pratique, le maintien intégral du salaire suppose généralement la combinaison de plusieurs mécanismes : les indemnités journalières de sécurité sociale, le complément employeur, les dispositions plus favorables de la convention collective et, dans de nombreux cas, un contrat de prévoyance. Pris isolément, aucun de ces dispositifs ne garantit systématiquement à lui seul un maintien intégral de la rémunération. Les IJSS constituent seulement une base d’indemnisation, tandis que le complément employeur et les garanties conventionnelles ou assurantielles peuvent venir relever le niveau de revenu.
Non. En arrêt maladie d’origine non professionnelle, les IJSS ne représentent en principe que 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond légal. En 2026, l’indemnité journalière maximale maladie est de 41,47 € brut par jour pour les arrêts prescrits en janvier 2026, puis de 41,95 € brut par jour pour les arrêts prescrits à compter de février 2026.. Cela signifie qu’un salarié percevant une rémunération moyenne ou élevée subira presque toujours une perte de revenu s’il ne bénéficie pas, en plus, d’un complément employeur ou d’une prévoyance. Autrement dit, les IJSS constituent un premier étage de protection, mais non un mécanisme de maintien intégral du salaire.
Le droit aux IJSS suppose de remplir des conditions précises. Pour un arrêt de moins de 6 mois, le salarié doit notamment justifier, selon les cas, d’une activité suffisante ou d’un niveau minimal de cotisations avant l’arrêt. Il doit également transmettre son arrêt de travail dans le délai requis. En pratique, l’indemnisation peut être retardée ou refusée si le dossier est incomplet, si l’arrêt n’est pas correctement transmis ou si l’employeur n’adresse pas l’attestation de salaire nécessaire au calcul des droits. Le respect de ces formalités est donc central, même lorsque l’état de santé du salarié n’est pas contesté.
Le complément employeur légal n’est pas dû dans tous les cas. Le Code du travail prévoit ce mécanisme pour le salarié qui remplit plusieurs conditions, notamment une ancienneté minimale d’un an, une absence justifiée par certificat médical, la perception des IJSS, ainsi que des soins réalisés en France ou dans un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Lorsque ces conditions sont réunies, le salarié peut bénéficier, en principe, d’un maintien à 90 % de la rémunération brute, puis à 66,66 %, pendant des durées qui évoluent avec l’ancienneté. En matière de maladie ordinaire, ce maintien légal intervient en principe après un délai de carence de sept jours.
Pas nécessairement. Le complément employeur légal améliore la situation du salarié, mais il ne garantit pas automatiquement un maintien intégral de la rémunération. D’une part, le régime légal vise en principe 90 %, puis 66,66 % de la rémunération brute. D’autre part, le calcul concret dépend de l’articulation avec les IJSS, de la durée de l’arrêt, de l’ancienneté et, le cas échéant, des règles plus favorables applicables dans l’entreprise. En pratique, le maintien à 100 % suppose souvent un second niveau de protection, généralement fourni par la convention collective ou la prévoyance.
Oui, très souvent. C’est même l’un des points les plus importants à vérifier. De nombreuses conventions collectives prévoient un régime plus favorable que le minimum légal. Elles peuvent, par exemple, réduire ou supprimer le délai de carence, alléger la condition d’ancienneté, renforcer le taux de maintien ou prolonger la durée d’indemnisation. Dans certains secteurs, c’est précisément la convention collective qui permet au salarié de conserver une rémunération très proche, voire équivalente, à son salaire habituel pendant une certaine période. Il ne faut donc jamais s’en tenir au seul Code du travail. Le bon réflexe consiste à identifier l’IDCC mentionné sur le bulletin de paie puis à vérifier les dispositions conventionnelles relatives à l’arrêt maladie.
Même lorsqu’un salarié peut théoriquement prétendre à un maintien élevé de rémunération pendant son arrêt maladie, des erreurs administratives peuvent réduire ou retarder le versement des sommes dues.
En pratique, il faut :
Un dossier mal transmis, incomplet ou mal articulé entre la CPAM, l’employeur et l’organisme de prévoyance peut provoquer une perte de trésorerie importante, même lorsque le droit au maintien de salaire existe.
Oui si la prime dépend de résultats collectifs (Cass. soc. 29 janv. 2025).
Oui, en principe. Les indemnités journalières de maladie sont imposables. Certaines exceptions existent toutefois, notamment dans certaines hypothèses d’affection de longue durée.
Envoyer un courrier + R/AR au service médical et alerter l’employeur (subrogation).
La première étape consiste à regarder le bulletin de paie, sur lequel figure en général l’intitulé de la convention collective applicable ou son identifiant. Il faut ensuite consulter le texte conventionnel et se concentrer sur les dispositions relatives au maintien de salaire, à l’ancienneté, au délai de carence, à la durée d’indemnisation et à l’existence éventuelle d’un régime de prévoyance obligatoire. En pratique, c’est souvent à ce stade que l’on découvre que les droits du salarié sont meilleurs que ceux prévus par le seul régime légal. Si les textes sont techniques ou ambigus, une vérification juridique est utile pour éviter une lecture erronée.
Non, pas de manière uniforme pour tous les salariés. En revanche, dans beaucoup d’entreprises, il existe un régime de prévoyance collectif mis en place par accord, usage, convention collective ou décision unilatérale. La prévoyance est particulièrement fréquente pour les cadres, mais elle peut aussi couvrir d’autres catégories de salariés. C’est un point essentiel, car la prévoyance constitue souvent le mécanisme qui permet de compenser la perte de revenu restante après versement des IJSS et du complément employeur. Sans elle, un maintien intégral du salaire est beaucoup moins probable.
La distinction est fondamentale. La mutuelle santé rembourse tout ou partie des frais de santé restant à charge après intervention de l’Assurance maladie : consultations, pharmacie, hospitalisation, optique, dentaire, etc. La prévoyance, elle, protège le revenu du salarié en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de décès. Lorsqu’un salarié cherche à savoir s’il peut toucher 100 % de son salaire pendant un arrêt maladie, ce n’est donc pas la mutuelle qu’il faut examiner en priorité, mais bien la notice de prévoyance et les garanties de maintien de revenu qu’elle contient.
Cinq documents sont particulièrement utiles :
C’est l’examen croisé de ces documents qui permet, en pratique, de savoir si un salarié peut réellement prétendre à un maintien intégral ou quasi intégral de sa rémunération.
La subrogation est le mécanisme par lequel l’employeur perçoit directement les IJSS à la place du salarié lorsqu’il maintient tout ou partie du salaire pendant l’arrêt. Pour le salarié, cela ne modifie pas en principe le niveau global des droits, mais cela change la manière dont les sommes sont versées. La subrogation peut éviter certains décalages de trésorerie, car le salarié continue alors à percevoir une rémunération par l’intermédiaire de l’employeur, sans attendre plusieurs flux séparés. En revanche, si elle est mal paramétrée ou mal suivie, elle peut générer des incompréhensions sur le bulletin de paie. Il faut donc vérifier concrètement comment l’entreprise pratique ce mécanisme.
Il faut agir vite. Le salarié doit, en pratique :
Beaucoup de pertes de revenus ne viennent pas d’un défaut de droit, mais d’un défaut de circulation des informations entre le salarié, l’employeur, la CPAM et l’organisme de prévoyance. Une réaction rapide limite donc fortement les risques de retard ou d’erreur.
Il faut d’abord vérifier si les conditions légales ou conventionnelles sont effectivement réunies : ancienneté, justification de l’arrêt, ouverture du droit aux IJSS, régime conventionnel applicable. Ensuite, il convient d’examiner les bulletins de paie et, si besoin, d’interroger le service paie ou les ressources humaines pour comprendre si le défaut de versement tient à une erreur, à l’absence d’attestation, à une mauvaise lecture de la convention collective ou à un problème de prévoyance. Si la situation n’est pas régularisée, une mise au point juridique peut s’imposer afin de faire valoir les droits du salarié.
Il ne faut pas raisonner de manière uniforme. Les salariés en CDD ou en intérim peuvent percevoir des IJSS, mais leur accès au complément employeur ou à certaines garanties conventionnelles peut être plus complexe selon leur ancienneté, leur statut et les textes applicables. Autrement dit, ils ne sont pas exclus par principe d’un maintien renforcé, mais ils ne sont pas toujours logés à la même enseigne que les salariés en CDI ayant une ancienneté établie. Là encore, tout dépend de la combinaison entre régime légal, convention collective et éventuelle prévoyance.
Oui. Lorsque l’arrêt se prolonge, le régime devient plus technique. Les conditions d’ouverture et de maintien des droits aux indemnités journalières évoluent, et les mécanismes de maintien employeur arrivent souvent à épuisement au bout d’un certain délai. La question du revenu bascule alors fréquemment vers la prévoyance. C’est pourquoi les arrêts longs doivent être suivis avec encore plus de rigueur : contrôle des droits CPAM, vérification des garanties incapacité dans le contrat de prévoyance, relecture des bulletins de paie et anticipation de l’impact financier à moyen terme.
Beaucoup de pertes de revenus pendant un arrêt maladie ne viennent pas d’une absence de droit, mais d’une erreur de vérification ou de transmission.
Les erreurs les plus fréquentes sont :
Si l’employeur ne verse pas le complément de salaire alors que les conditions semblent réunies, il faut d’abord demander une explication écrite au service paie ou aux ressources humaines. Le salarié peut ensuite vérifier son bulletin de paie, la convention collective applicable et la preuve d’envoi de l’arrêt de travail.
En cas d’erreur persistante, une demande de régularisation peut être adressée à l’employeur. Si le refus est injustifié, le salarié peut envisager une action devant le conseil de prud’hommes afin d’obtenir le rappel des sommes dues.
Il faut être attentif à la base de calcul. Certains textes parlent d’un maintien de la rémunération brute, d’autres d’un maintien du salaire net ou d’un pourcentage du salaire de référence. Cette différence peut modifier le montant réellement perçu par le salarié.
Avant de conclure qu’un maintien à 100 % est dû, il faut donc vérifier :
Le maintien intégral est souvent difficile lorsque le salarié ne bénéficie pas d’un contrat de prévoyance, dispose de peu d’ancienneté, dépend seulement du régime légal ou perçoit une rémunération supérieure au plafond retenu pour les IJSS.
Il peut aussi être limité lorsque la convention collective ne prévoit qu’un maintien partiel, lorsque le délai de franchise de la prévoyance est long ou lorsque certaines primes ne sont pas intégrées dans le salaire de référence.