Envoyer un arrêt de travail par mail : que dit le droit du travail ?

Peut-on envoyer un arrêt de travail par mail à son employeur ? Ce qu’il faut retenir

La transmission d’un arrêt de travail à l’employeur par courrier électronique peut être admise en pratique, dès lors que ce mode de communication permet d’informer rapidement l’employeur et que le salarié est en mesure d’en conserver la preuve.En revanche, il est préférable d’éviter d’affirmer que l’envoi par mail est, en toute hypothèse, un mode de transmission expressément consacré par les textes.

Voici l’essentiel à retenir :

  • ✅ Le salarié doit justifier son absence dans les 48 heures, notamment pour bénéficier, le cas échéant, de l’indemnité complémentaire employeur prévue par l’article L.1226-1 du Code du travail.
  • ✅ Lorsque l’arrêt n’est pas prescrit ou prolongé de manière dématérialisée, il doit aussi être transmis à la CPAM dans les 48 heures.
  • ✅ Aucun texte n’impose, pour l’information de l’employeur, un mode unique de transmission. En pratique, le mail peut donc être utilisé, à condition de pouvoir démontrer l’envoi et, si possible, sa réception.
  • ✅ En cas de doute, il est préférable de respecter les usages internes de l’entreprise et de sécuriser la démarche par un double envoi ou tout autre moyen probant.
  • ✅ En cas de contestation, un avocat en droit du travail peut vous aider à apprécier la valeur des justificatifs conservés et la régularité d’une éventuelle sanction.

L’obligation d’informer son employeur en cas d’arrêt de travail est une exigence légale à laquelle tout salarié est tenu. Toutefois, à l’heure où les échanges professionnels tendent à se dématérialiser, une question se pose légitimement : le salarié peut-il envoyer son arrêt de travail par mail ? Si la loi n’impose pas de modalité unique de transmission, certaines précautions s’avèrent indispensables pour éviter tout litige ultérieur.

Résumé : checklist pour transmettre correctement son arrêt de travail

Étape Action Délai conseillé
1 Obtenir l’arrêt de travail prescrit par le professionnel de santé Immédiat
2 Prévenir l’employeur par un moyen traçable Sans délai
3 Transmettre un document lisible et complet Sans délai
4 Envoyer le message aux bons destinataires Sans délai
5 Vérifier que la preuve d’envoi est conservée Le jour même
6 Adresser l’avis à la CPAM si nécessaire Dans les 48 heures
7 En cas de doute, doubler l’envoi par un autre moyen Dès que possible
8 Archiver les échanges et justificatifs Pendant toute la durée utile

La transmission de l’arrêt de travail a son employeur est-elle obligatoire ?

Lorsqu’un salarié est dans l’incapacité de travailler pour des raisons médicales, il doit justifier son absence auprès de l’employeur. Cette obligation est distincte de celle qui consiste à adresser l’avis d’arrêt de travail à la caisse primaire d’assurance maladie.

L’article L.1226-1 du Code du travail subordonne notamment le bénéfice de l’indemnité complémentaire employeur à la condition que le salarié ait justifié son incapacité dans les 48 heures.
Par ailleurs, l’article R.321-2 du Code de la sécurité sociale prévoit que, lorsque l’arrêt n’est pas prescrit ou prolongé de manière dématérialisée, l’assuré doit envoyer son avis d’arrêt de travail à la CPAM dans les deux jours suivant la date d’interruption de travail.

En pratique, le salarié a donc tout intérêt à informer son employeur sans délai, et au plus tard dans le délai de 48 heures couramment retenu, afin d’éviter toute contestation sur le caractère justifié de l’absence.


À défaut, il peut s’exposer à une retenue sur salaire, à la perte du complément employeur lorsque les conditions légales ne sont pas remplies, voire à une sanction disciplinaire si l’absence demeure injustifiée.

Peut-on légalement envoyer un arrêt de travail par mail ?

Aucun texte ne prévoit, pour l’information de l’employeur, un mode exclusif de transmission de l’arrêt de travail. Il est donc possible, en pratique, d’utiliser le courrier électronique, sous réserve d’agir avec prudence.

Pour un cabinet d’avocats, il est toutefois préférable d’éviter la formule selon laquelle “l’envoi par mail est juridiquement admis” comme s’il s’agissait d’une règle expresse. La formulation la plus sûre consiste à rappeler que le salarié doit justifier son absence, sans qu’un texte impose formellement, à l’égard de l’employeur, un envoi par courrier postal plutôt que par voie électronique.

En conséquence, l’envoi par mail peut constituer un mode de preuve utile, à condition :

  • que le document transmis soit lisible, complet et identifiable ;
  • qu’il soit envoyé à une adresse professionnelle appropriée ;
  • que le salarié conserve une copie du courriel, de la pièce jointe et, si possible, de tout élément attestant de la réception ou de la prise en compte du message ;
  • et qu’il respecte, le cas échéant, les procédures internes prévues par l’entreprise.

En cas de doute, il demeure prudent de cumuler plusieurs modes de transmission, afin de prévenir toute contestation ultérieure.

Quels sont les risques en cas de non-transmission ou d’envoi non reconnu de l'arrêt de travail ?

Quels sont les risques en cas de non-transmission ou de transmission non prouvée ?

L’absence de justification de l’arrêt de travail ou l’impossibilité, pour le salarié, d’établir qu’il a bien informé son employeur peut avoir des conséquences importantes.

D’une part, le salarié peut perdre le bénéfice de certaines garanties, notamment le complément employeur lorsque les conditions de l’article L.1226-1 du Code du travail ne sont pas remplies dans le délai requis.
D’autre part, l’employeur peut considérer que l’absence n’a pas été valablement justifiée et procéder à une retenue sur salaire correspondant à l’absence non justifiée.

Sur le terrain disciplinaire, une absence non expliquée ou insuffisamment justifiée peut également exposer le salarié à une demande de justification, puis, selon les circonstances, à une sanction disciplinaire.


Il faut toutefois éviter d’écrire qu’un licenciement serait automatiquement fondé du seul fait d’un envoi par mail contesté : tout dépendra de la durée de l’absence, des relances effectuées, des justificatifs produits et du comportement global du salarié.

En pratique, la question essentielle devient alors probante : le salarié doit pouvoir démontrer qu’il a bien transmis l’information ou, à tout le moins, qu’il a accompli des diligences sérieuses pour justifier son absence.

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Que faire si l’employeur conteste la validité de l’envoi d'un arrêt de travail par mail ?

Si l’employeur conteste avoir été informé de l’arrêt de travail ou remet en cause la preuve de sa transmission, il convient d’adopter une approche rigoureuse et probatoire.

Le salarié doit alors rassembler :

  • le courriel envoyé avec son horodatage ;
  • la pièce jointe transmise ;
  • tout accusé de réception ou message de réponse ;
  • et, si nécessaire, tout élément complémentaire établissant que l’employeur a bien été informé dans un délai raisonnable.

Pour un cabinet, il est préférable d’éviter d’affirmer de manière générale que la jurisprudence reconnaît la validité de la notification par voie électronique pour ce type de situation, sauf à citer une décision précise et vérifiée.


La formule la plus sûre consiste à rappeler qu’en cas de litige, le débat portera principalement sur la preuve de l’information donnée à l’employeur et sur le caractère suffisant des diligences accomplies par le salarié.

En cas de désaccord persistant, il est recommandé d’adresser sans attendre une nouvelle transmission du justificatif par un moyen plus sécurisé, puis, si une sanction est envisagée ou prononcée, de solliciter un conseil juridique.

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Nos conseils pratiques pour envoyer un arrêt de travail à votre employeur

Nos conseils pratiques pour transmettre un arrêt de travail à votre employeur

Lorsque le salarié choisit d’informer son employeur par mail, il doit veiller à sécuriser la preuve de cette transmission.

En pratique, il est recommandé :

  • de vérifier si l’entreprise prévoit une procédure interne particulière ;
  • d’envoyer le document à une adresse professionnelle pertinente ;
  • de joindre un fichier lisible et complet ;
  • de conserver une copie intégrale du courriel et de la pièce jointe ;
  • et, en cas de doute, d’effectuer un double envoi, par exemple par mail et par courrier.

Il est également utile de prévenir rapidement l’employeur par tout moyen usuel dans l’entreprise, afin d’éviter qu’il découvre l’absence sans explication.
L’objectif n’est pas seulement de transmettre un document, mais de pouvoir démontrer, en cas de litige, que l’employeur a été informé utilement et dans un délai compatible avec les exigences légales.

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Erreurs courantes à éviter

Erreur 1 : Attendre trop longtemps pour prévenir l’employeur


Conséquence : perte possible du complément employeur, retenue sur salaire en cas d’absence non justifiée, voire risque disciplinaire si la situation perdure.
Solution : informez votre employeur sans délai et, en tout état de cause, dans les 48 heures lorsque ce délai conditionne le bénéfice du maintien légal de salaire.

Erreur 2 : Envoyer l’information à une mauvaise adresse ou à un mauvais destinataire


Conséquence : l’employeur peut soutenir qu’il n’a pas été valablement informé.
Solution : adressez votre message à une adresse professionnelle pertinente, idéalement à votre responsable et/ou au service RH selon les usages de l’entreprise.

Erreur 3 : Oublier le justificatif ou transmettre un document illisible


Conséquence : l’employeur peut estimer que l’absence n’est pas suffisamment justifiée.
Solution : vérifiez que le document transmis est lisible, complet et identifiable avant l’envoi.

Erreur 4 : Divulguer des informations médicales inutiles


Conséquence : atteinte inutile à votre vie privée.
Solution : contentez-vous d’indiquer que vous êtes en arrêt de travail et transmettez uniquement les éléments nécessaires à la justification de l’absence.

Erreur 5 : Employer un ton agressif ou confus


Conséquence : crispation inutile de la relation de travail et difficulté accrue en cas de litige.
Solution : restez bref, factuel et professionnel.

Erreur 6 : Ne conserver aucune preuve de transmission


Conséquence : difficulté à démontrer que l’employeur a bien été informé en temps utile.
Solution : conservez le courriel envoyé, la pièce jointe, l’horodatage et tout accusé de réception éventuel.

Que doit faire l’employeur une fois l’arrêt reçu ?

Une fois informé de l’arrêt de travail, l’employeur doit tirer les conséquences de la suspension du contrat de travail et accomplir, le cas échéant, les formalités nécessaires à l’indemnisation du salarié.

En pratique, cela implique notamment :

  • prendre en compte l’absence comme une absence médicalement justifiée, sous réserve de la réception des justificatifs utiles ;
  • établir les éléments nécessaires au traitement en paie et, lorsque cela est requis, à l’indemnisation du salarié ;
  • appliquer, le cas échéant, le maintien de salaire prévu par la loi, la convention collective ou les usages de l’entreprise, si les conditions sont réunies ;
  • respecter la confidentialité des informations de santé du salarié ;
  • ne pas prendre de décision discriminatoire fondée sur l’état de santé.

En revanche, il faut éviter d’affirmer que l’employeur serait tenu de confirmer immédiatement la réception du mail ou qu’il lui serait toujours interdit de rompre le contrat pendant l’arrêt. Un salarié ne peut pas être licencié parce qu’il est malade, mais d’autres motifs de rupture peuvent exister selon les circonstances.

Quelques situations particulières

Arrêt de travail débutant un week-end ou un jour férié


Le salarié a intérêt à informer son employeur sans délai, même si l’arrêt débute un samedi, un dimanche ou un jour férié. En pratique, un mail envoyé immédiatement peut utilement dater la démarche et faciliter la preuve de l’information donnée à temps.

Arrêt maladie pendant les congés payés


Cette situation obéit à des règles spécifiques. Il est préférable d’éviter une formule trop générale et de vérifier, au cas par cas, les conséquences de l’arrêt sur les congés payés et leur report.

Arrêt maladie pendant la période d’essai


Il ne faut pas affirmer qu’aucune rupture n’est possible. En revanche, l’employeur ne peut pas rompre la relation de travail pour un motif discriminatoire lié à l’état de santé. Des règles plus protectrices existent en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Arrêt maladie pendant un préavis de démission


Il ne faut pas écrire de manière générale que l’arrêt interrompt le préavis. En cas de maladie non professionnelle, le préavis n’est en principe pas prolongé. En revanche, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle intervenant pendant le préavis, celui-ci peut être suspendu et reporté.

En cas de litige avec l’employeur, un avocat en droit du travail peut vous accompagner

En cas de litige avec l’employeur, un avocat en droit du travail peut vous accompagner

Si l’employeur conteste la régularité de la justification de l’absence, procède à une retenue sur salaire ou engage une procédure disciplinaire, l’assistance d’un avocat en droit du travail peut s’avérer utile.

Son intervention permettra notamment :

  • d’analyser les obligations du salarié au regard de l’article L.1226-1 du Code du travail et des règles internes à l’entreprise ;
  • d’évaluer la force probante des éléments conservés ;
  • de contester, le cas échéant, une sanction disproportionnée ou une retenue injustifiée ;
  • et d’assister le salarié devant le conseil de prud’hommes si le différend se judiciarise.

La question centrale n’est pas tant celle d’un prétendu “droit absolu” à transmettre l’arrêt par mail que celle de la preuve sérieuse de l’information donnée à l’employeur dans le délai requis.