Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026

Oui, un employeur peut envoyer un SMS à un salarié en arrêt maladie, mais uniquement si le message reste ponctuel, nécessaire et limité à une information administrative.
Il peut par exemple confirmer la réception de l’arrêt, demander un justificatif ou organiser le retour du salarié. En revanche, il ne peut pas lui demander de travailler, de répondre à un client, de suivre un dossier ou de rester disponible pendant son arrêt.
Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 19 novembre 2025, n°24-17.823, faire travailler un salarié pendant un arrêt maladie peut ouvrir droit à réparation, sans que le salarié ait à prouver un préjudice distinct.
Un salarié en arrêt maladie n’est pas tenu d’exécuter une prestation de travail. Son contrat est suspendu : il doit pouvoir se soigner et se reposer.
L’employeur peut toutefois envoyer un message ponctuel lorsque la demande est strictement nécessaire et proportionnée. Par exemple :
En revanche, l’employeur franchit une limite lorsqu’il demande au salarié de traiter un dossier, contacter un client, suivre une négociation, répondre à des questions techniques ou continuer une activité professionnelle pendant l’arrêt.
C’est précisément ce qu’a sanctionné la Cour de cassation le 19 novembre 2025 : l’employeur qui sollicite un salarié en arrêt maladie sur des sujets professionnels dépassant la simple transmission d’informations nécessaires manque à son obligation de sécurité.
Depuis la jurisprudence récente, le risque est important. Le salarié n’a pas seulement à démontrer qu’il a été dérangé : il peut obtenir réparation dès lors qu’il établit qu’il a dû travailler pendant son arrêt maladie.
La Cour de cassation avait déjà retenu cette logique dans un arrêt du 4 septembre 2024 : faire travailler un salarié pendant un arrêt maladie ouvre droit à réparation par le seul constat du manquement.
L’employeur s’expose donc à :
A lire : Réduction du plafond des IJSS au 1er avril 2025
Un salarié en arrêt maladie n’est pas en congé, mais son contrat de travail est suspendu. Cela signifie qu’il n’a pas à travailler, ni à rester disponible pour traiter les demandes professionnelles de l’entreprise.
L’employeur peut envoyer un message court, ponctuel et nécessaire. Mais il ne peut pas organiser, par SMS, la poursuite du travail du salarié malade.
La différence est donc la suivante :
La décision du 19 novembre 2025 est importante car elle renforce la protection du salarié en arrêt maladie.
Dans cette affaire, le salarié avait été sollicité par SMS et par courriels pendant ses arrêts de travail. Les messages portaient notamment sur des contacts clients, des négociations commerciales et des sujets financiers. La Cour de cassation a considéré que ces sollicitations dépassaient la simple transmission d’informations nécessaires à l’activité.
Le point essentiel est le suivant : lorsque l’employeur fait travailler un salarié pendant son arrêt maladie, le salarié peut obtenir réparation sans avoir à prouver un préjudice distinct. Le seul constat du manquement suffit.
Un SMS peut être acceptable lorsqu’il reste limité à une information nécessaire.
Exemples :
Ces messages restent administratifs. Ils ne demandent pas au salarié d’exécuter son travail.
Certains messages sont beaucoup plus risqués.
Exemples :
Ces messages peuvent démontrer que le salarié a été sollicité professionnellement pendant son arrêt.
L’employeur peut contacter un salarié en arrêt maladie, mais uniquement avec mesure. Le SMS doit rester ponctuel, nécessaire et administratif.
La ligne rouge est franchie lorsque le message demande au salarié de participer à l’activité de l’entreprise : répondre à un client, suivre un dossier, gérer une négociation ou se connecter à ses outils professionnels.
Depuis les décisions de 2024 et 2025, le risque prud’homal est renforcé : faire travailler un salarié pendant un arrêt maladie ouvre droit à réparation par le seul constat du manquement.
Oui, mais uniquement pour une raison ponctuelle, objective et proportionnée. Le SMS ne doit pas demander au salarié de travailler, ni exercer de pression pendant son arrêt.
L'employé a droit au respect de sa vie privée, au droit à la déconnexion, et à la protection contre le harcèlement au travail.
L'employeur peut s'enquérir de l'état de santé de l'employé de manière générale, mais ne peut exiger des détails médicaux précis, cela relève du secret médical.
L'employé peut conserver les SMS comme preuves et démontrer que leur fréquence, leur ton ou leur contenu sont inappropriés et ont un impact négatif sur sa santé ou sa vie privée.
L'employé doit notifier son arrêt maladie dans les délais requis et peut avoir à répondre à des communications professionnelles légitimes de l'employeur.
Non, l'employé n'est pas obligé de répondre immédiatement et peut le faire pendant ses heures de sortie autorisées ou selon un accord préalable.
L'employeur doit respecter les horaires de travail habituels de l'employé, éviter toute communication excessive et s'assurer que le contenu est strictement professionnel.
L'employé peut adresser une plainte auprès des ressources humaines, consulter un représentant syndical, ou chercher conseil auprès d'un avocat spécialisé en droit du travail à Versailles.
Oui. Les SMS peuvent servir de preuve pour démontrer que l’employeur a demandé une prestation de travail, relancé le salarié ou exercé une pression pendant l’arrêt maladie.
Les employeurs devraient privilégier les communications par e-mail, avec un accord préalable de l'employé, et documenter les échanges pour éviter tout malentendu.
Techniquement, oui, mais cela pourrait être interprété comme un manquement à ses obligations professionnelles. Il est préférable de discuter des préférences de communication avec l'employeur.
Le droit à la déconnexion permet aux employés de ne pas répondre aux communications professionnelles en dehors des heures de travail et pendant les périodes de repos, y compris les arrêts maladie.
L'employé peut informer l'employeur de ses heures de disponibilité pour les communications et demander que les échanges se fassent par e-mail ou à des moments convenus.
L'employé devrait d'abord aborder la question directement avec l'employeur. Si cela ne résout pas le problème, il peut chercher un soutien juridique ou syndical.
R15: Oui, des guides et des recommandations sont souvent disponibles auprès des autorités du travail, des syndicats, et des associations professionnelles.