Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026
Oui. Le droit à l’image permet au salarié de contrôler l’utilisation de son visage ou de son apparence lorsqu’il est identifiable.
Non. En principe, l’employeur ne peut pas photographier, filmer, conserver, reproduire ou diffuser l’image d’un salarié sans son accord préalable.
Le droit à l’image du salarié est protégé par l’article 9 du Code civil. Il s’applique même dans l’entreprise, car le contrat de travail ne fait pas disparaître les droits de la personnalité du salarié.
L’autorisation doit être claire, précise et limitée. Elle doit indiquer les supports utilisés, la durée de diffusion, la finalité de l’image et, si nécessaire, la zone géographique de diffusion.
Depuis la jurisprudence récente, notamment Cass. soc., 14 février 2024, n°22-18.014, la seule constatation d’une atteinte au droit à l’image ouvre droit à réparation. Le salarié n’a donc pas à prouver un préjudice spécifique pour demander des dommages-intérêts.

Le droit à l’image permet au salarié de contrôler la captation, la conservation, la reproduction et la diffusion de son image lorsqu’il est identifiable.
En entreprise, ce droit reste pleinement applicable. Le contrat de travail ne prive pas le salarié de ses droits fondamentaux. L’employeur doit donc obtenir une autorisation claire avant d’utiliser son image sur un site internet, une plaquette, un trombinoscope, une vidéo ou les réseaux sociaux.
Une photographie ou une vidéo constitue aussi une donnée personnelle au sens du RGPD. L’employeur doit informer le salarié de la finalité, des supports, de la durée de conservation et des modalités d’exercice de ses droits.
Oui, mais seulement avec mon accord lorsque je suis identifiable et que l’image est destinée à être conservée, reproduite ou diffusée.
Le salarié peut refuser d’être photographié ou filmé. Ce refus ne constitue pas une faute disciplinaire. L’employeur ne peut pas le sanctionner, le discriminer ou le pénaliser pour ce motif.
L’autorisation doit être demandée avant la prise de vue ou, au plus tard, avant toute diffusion. Elle doit préciser l’usage exact de l’image.
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Oui, mais elles sont limitées. En pratique, l’employeur ne doit pas raisonner en se disant que le consentement est inutile. Il doit plutôt vérifier si l’image du salarié est réellement identifiable et si l’utilisation poursuivie repose sur un motif légitime.
Certaines situations peuvent réduire l’exigence d’autorisation :
En revanche, dès que le salarié est clairement identifiable et que son image est utilisée pour valoriser l’entreprise, promouvoir une activité, illustrer un site internet ou alimenter des réseaux sociaux, l’autorisation écrite reste indispensable.
Le droit à l'image est encadré par plusieurs dispositions légales visant à protéger la vie privée des individus.
Article 9 du Code civil : Il consacre le droit au respect de la vie privée, stipulant que "chacun a droit au respect de sa vie privée". Toute atteinte à ce droit ouvre la voie à une réparation.
Article 226-1 du Code pénal : Il prévoit des sanctions pénales en cas d'atteinte à l'intimité de la vie privée par la fixation, l'enregistrement ou la transmission de l'image d'une personne sans son consentement. Les peines encourues sont d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
Ces textes soulignent l'importance du consentement et la gravité des violations potentielles du droit à l'image.
Pour être valable, le consentement du salarié doit être :
Il est recommandé de détailler dans l'autorisation :
Le salarié doit également être informé de sa possibilité de révoquer son consentement à tout moment. Cette révocation doit être prise en compte par l'employeur dans les meilleurs délais.
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), entré en vigueur en 2018, ajoute des obligations supplémentaires concernant le traitement des images en tant que données personnelles.
Le non-respect du RGPD peut entraîner des sanctions administratives lourdes, pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial de l'entreprise.
En synthèse, le droit à l'image du salarié est protégé par un ensemble de textes législatifs qui imposent à l'employeur des obligations strictes. Le consentement préalable, libre et éclairé du salarié est indispensable pour toute utilisation de son image. Les règles du RGPD renforcent cette protection en traitant les images comme des données personnelles.
Conseils pratiques pour l'employeur :
Pour le salarié, il est important de :
Oui, dès lors que le salarié est identifiable et que l’image est destinée à être diffusée.
En pratique, l’autorisation est nécessaire pour :
En revanche, si le salarié apparaît seulement de manière accessoire dans une foule ou dans une image générale, le risque est plus faible. Il reste toutefois préférable d’informer les salariés avant toute captation et de prévoir une solution de retrait ou de floutage.
Une autorisation valable doit préciser :
Une autorisation trop générale est risquée. Par exemple, une formule du type “j’autorise l’entreprise à utiliser mon image sur tous supports” est trop imprécise si elle ne fixe aucune limite.
Avant de signer une autorisation de droit à l’image, le salarié doit vérifier que le document ne se limite pas à une formule générale. L’autorisation doit être précise, limitée et compréhensible. Une clause trop large, sans durée ni support identifié, expose l’employeur à un risque de contestation.
Présentation d'un exemple concret d'autorisation :
Je soussigné(e), [Nom et Prénom du salarié], autorise [Nom de l'entreprise], représentée par [Nom du représentant légal], à utiliser mon image captée le [Date] lors de [Événement], pour les finalités suivantes : [Détailler les usages]. Cette autorisation est valable du [Date de début] au [Date de fin], pour une diffusion sur les supports suivants : [Lister les supports], sur le territoire [Étendue géographique]. J'ai été informé(e) de mon droit de révoquer cette autorisation conformément aux conditions stipulées ci-dessus.
Conseils juridiques pour une rédaction conforme :
Transparence : expliquer clairement les usages
Volontariat : ne pas exercer de pression sur le salarié
Archivage : conserver les autorisations signées
Le non-respect du droit à l'image d'un salarié peut entraîner des sanctions civiles conséquentes pour l'employeur. En effet, la violation de ce droit fondamental ouvre la voie à une action en réparation du préjudice subi par le salarié. Conformément à l'article 9 du Code civil, "chacun a droit au respect de sa vie privée". Toute atteinte à ce droit peut être sanctionnée par l'allocation de dommages et intérêts.
La jurisprudence est claire sur ce point. Dans un arrêt du 19 janvier 2022, la Cour de cassation a affirmé que la seule constatation de l'atteinte au droit à l'image ouvre droit à réparation, sans que le salarié n'ait à prouver l'existence d'un préjudice particulier (Cass. soc., 19 janvier 2022, n° 20-12.420). Ainsi, les tribunaux peuvent accorder des indemnités significatives en fonction de la gravité de l'atteinte et de ses conséquences pour le salarié.
Exemples de montants alloués par les tribunaux :
Il est donc primordial pour l'employeur de respecter scrupuleusement le droit à l'image afin d'éviter de telles condamnations civiles.
Outre les sanctions civiles, le non-respect du droit à l'image peut également engager la responsabilité pénale de l'employeur. L'article 226-1 du Code pénal prévoit en effet que "est puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui [...] en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de celle-ci, l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé".
Cas d'atteinte volontaire à l'intimité de la vie privée :
Les sanctions pénales visent à réprimer les atteintes les plus graves au droit à l'image, dissuadant ainsi les employeurs de commettre de tels agissements.
Le non-respect du droit à l'image ne se limite pas aux sanctions juridiques. Il peut également avoir des conséquences néfastes sur la relation entre l'employeur et le salarié.
Impact sur le climat social :
Risque de dégradation de l'image de l'entreprise :
Il est donc essentiel pour l'employeur de considérer le respect du droit à l'image comme un élément clé de sa responsabilité sociale et de sa stratégie de gestion des ressources humaines.
Oui, mais uniquement si l’autorisation signée le prévoit clairement.
La rupture du contrat de travail ne rend pas automatiquement toute utilisation impossible. En revanche, si aucune durée n’a été prévue, ou si l’autorisation ne vise pas l’après-contrat, l’ancien salarié peut demander le retrait de son image.
Sont notamment concernés :
L’employeur doit donc vérifier régulièrement que les images des anciens salariés encore diffusées reposent sur une autorisation valable.
Le droit à l’image du salarié impose à l’employeur d’obtenir une autorisation claire avant toute diffusion identifiable de son image.
Cette autorisation doit préciser les supports, la durée, la finalité et les modalités de retrait. En cas d’utilisation non autorisée, le salarié peut demander le retrait de l’image et obtenir réparation, même sans démontrer un préjudice distinct.