Licenciement pour faute grave : les droits du salarié
12 mars 2026
Votre contrat de travail vient de se terminer, vous êtes en arrêt maladie, et vous vous interrogez sur vos droits aux allocations chômage ? Ou, à l'inverse, vous êtes demandeur d'emploi et un problème de santé vous empêche de chercher activement un travail ? Ces situations, fréquentes, soulèvent des questions complexes à l'intersection du droit du travail, du droit de la sécurité sociale et du régime d'assurance chômage.
L'arrêt maladie et les allocations chômage sont deux dispositifs de protection sociale aux finalités différentes, mais qui peuvent se croiser dans plusieurs situations de transition professionnelle.
Un arrêt maladie est prescrit par un médecin lorsqu'un salarié est temporairement dans l'incapacité d'exercer son activité professionnelle pour raison de santé. Durant cet arrêt, le salarié perçoit des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS), versées par la CPAM sous conditions d'affiliation et de cotisation.
Les allocations chômage (ARE — Aide au Retour à l'Emploi) sont versées par France Travail (ex-Pôle emploi) aux salariés ayant involontairement perdu leur emploi et remplissant les conditions d'affiliation.
Non, en principe, les IJSS et l'ARE ne sont pas cumulables. Lorsque l'un des deux régimes est actif, l'autre est suspendu. Cela étant, les situations de chevauchement génèrent plusieurs configurations possibles.
Si un salarié tombe malade pendant son préavis de licenciement, il continue en principe de percevoir ses IJSS jusqu'à la fin de l'arrêt, puis peut s'inscrire à France Travail et ouvrir ses droits ARE. Le préavis non exécuté pour cause de maladie peut être réputé exécuté selon les conventions collectives.
Lorsque le contrat de travail prend fin et que le salarié est toujours en arrêt maladie, il peut bénéficier du maintien de droits CPAM pendant 12 mois, sans avoir à s'inscrire à France Travail. À l'issue de cet arrêt, il peut alors ouvrir ses droits au chômage.
Un demandeur d'emploi indemnisé qui tombe malade peut, sous conditions, basculer sur les IJSS (s'il est encore affilié à la Sécurité sociale) ou continuer à percevoir l'ARE (si ses droits IJSS sont épuisés). Dans le premier cas, l'ARE est suspendue mais les droits sont prolongés d'autant.
Oui, dans une certaine mesure. Les périodes d'incapacité de travail pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle sont assimilées à des périodes travaillées pour l'ouverture des droits à l'ARE, dans la limite de certaines durées prévues par la réglementation d'assurance chômage. Cela signifie qu'un arrêt maladie ne fait pas nécessairement perdre des droits chômage, à condition que les critères d'affiliation minimaux soient atteints.
Les périodes d'arrêt maladie peuvent être assimilées à des trimestres d'assurance vieillesse, sous réserve que l'arrêt ait donné lieu au versement d'IJSS pendant au moins 60 jours par année civile.
Pour les arrêts de longue durée (au-delà de 6 mois), la situation peut être plus complexe. Il convient de vérifier les droits à l'ARE selon l'état d'avancement des droits CPAM, et de se rapprocher de France Travail et de la CPAM pour établir un plan de reprise progressive si nécessaire.
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